mardi 6 octobre 2020

La peste d'Albert CAMUS

 Cet été m'a permis de relire cette oeuvre que j'avais étudié au lycée, il y a quelque années (Ici pas de sourires narquois !)

Ecrit en 1947, ce livre fut le 1er succès littéraire de cet auteur. Mes souvenirs étaient bien sur, cette invasion de peste, mais aussi le fait que la ville où se déroulait l'histoire, Oran, était laide et tournait le dos à la mer, ainsi que cet homme  déplorable, qui de son balcon, s'amusait à cracher sur les chats du quartier, un véritable outrage !

Tout commence lorsque le docteur Rieux découvre un rat mort sur son palier. Informé, Monsieur Michel, concierge, déclare en avoir découvert également plusieurs Sans doute des plaisantins. Quelques jours plus tard, alors que le docteur Rieux accompagne sa femme à la gare, afin qu'elle se fasse soigner dans une ville voisine, il apprend  par la presse, avec stupeur , que 6000 rats sont morts dans la ville. l'inquiétude puis l'angoisse s'installe : le virus de la peste est présent. Le docteur Rieux harcèle la municipalité afin de lui faire prendre conscience de la tragédie qui se propage avec grande vitesse. La ville, se replie sur elle-même, elle s'isole. Les habitants ne peuvent plus communiquer avec leurs proches , la peur vire à la panique .

Rambert, un journaliste tente par de nombreux moyens de regagner Paris, tandis que Cottard, citoyen suicidaire éprouve un véritable plaisir devant le mal qui se répand. Tarrou fils du procureur tient des notes sur l'évolution de la maladie, puis se met au service du docteur Rieux pour la mise en place d'un service sanitaire. Le père Paneloux lui, analyse la situation comme "l'expression du châtiment divin".

Alors que l'été s'installe, l'épidémie redouble d'intensité. Les morts sont enfouis dans une fosse commune. Pour les habitants la tension est à l'extrême, entre  pillages et révoltes qui se multiplient. Vient la résignation, plus d'illusions, l'espoir s'enfuit.

En janvier, le mal régresse, le docteur Rieux apprend que sa femme est décédée.

Un mois plus tard, les portes de la ville s'ouvrent, la terrible épidémie s'enfuit. Toutefois, le docteur Rieux rappelle qu'elle peut à nouveau intervenir à tout moment.

La similitude avec ce que nous avons vécu les mois derniers et que nous vivons  est grande d'où la lecture ou relecture de cet ouvrage afin de réfléchir sur "la précarité de la condition humaine"


dimanche 27 septembre 2020

Un jour viendra couleur d'orange de Grégoire DELACOURT

 Comme je fus impatiente dans l'attente du dernier ouvrage de cet auteur que j'affectionne particulièrement Puis je vis enfin le livre à la vitrine de mon libraire, oh joie ! Une nouvelle fois, ce récit plein de poésie et de coups de gueule sur l'actualité actuelle, fut un plaisir.

L'histoire se déroule au moment des manifestations des gilets jaunes, dans ce climat très tendu,

Pierre est l'un d'eux. Le coeur plein de haine contre l'injustice dont il se sent victime, et la hargne ressentie contre son fils  Geoffroy, autiste, qu'il rejette par lâcheté, font éclater sa violence. 

Geoffroy, l'enfant éternel, ne peut vivre calmement que dans sa bulle, où tout doit être ordonné puis classé par couleur,

Louise, la mère douceur, la mère douleur, dont le sourire à travers les larmes, semble oublier les tracas du monde, naufrage dans sa vie professionnelle,

Djamila aux yeux véronaise, est l'amie de Geoffroy. La douceur du garçon la rassure et efface l'inquiétude causée par la différence dans la vie quotidienne, ainsi  que la convoitise des hommes, 

Puis Hagop Haytayan le bienheureux homme des bois, traverse la vie des enfants comme un étoile afin de les guider.

Le clin d'oeil du titre à Aragon très à propos, fait espérer des jours meilleurs et chuter la désespérance. Car la couleur orange est signe de joie, provoque l'énergie et parfois même le triomphe....

Très bon livre.


jeudi 3 septembre 2020

Miroir de nos peines de Pierre LEMAITRE

L'auteur est encore une fois au sommet de son art avec ce roman qui termine la trilogie de "Au revoir de là haut" Goncourt 2013. Il poursuit la folie des hommes dans cette période dramatique de  notre histoire, en 1940, là où bien souvent les héros se sont transformés en lâches.                                                             
Nous retrouvons le personnage de Louise, alors petite fille dans le 1er opus, qui est maintenant une jeune institutrice un peu obsédée avant tout, à la recherche d'un géniteur pour l'enfant quelle désire ardemment.
- Gabriel et Raoul se rencontrent au front. 2 personnalités totalement opposées, Gabriel le pur, et Raoul petit escroc écorché vif en oubli de son enfance.
- Fernand le garde mobile grand sentimental.
- Jules un homme éléphantesque rempli de tendresse.
- Ainsi que Désiré, multi personnages au coeur aussi grand que l'imagination.
- Tous, aussi vrais que nature, nous emportent dans l'émotion, le rire, la compassion et même la révolte, en nous faisant regretter qu'il s'agisse du dernier tome de cette trilogie. 
Un très bon moment de lecture.
Je remercie l'auteur car il m'a fait découvrir un nouveau verbe, désuet certes, mais que je ne connaissais pas, et mon amour des mots fut comblé : APPAROIR. En  aviez vous connaissance ? Répondre sans mentir bien évidemment..... 

vendredi 7 août 2020

PASTEL d'Olivier BLEYS

Mi roman, mi conte, l'auteur nous entraine en Albigeois au XVe siècle.
Simon travaille avec son père qui est un Maître teinturier fort apprécié et écouté par son entourage. Son enseigne "Au Caméléon", fait accourir de nombreux et fidèles clients. Il produit l'écarlate, couleur rouge des vêtements royaux ainsi qu'ecclésiastiques . D'ailleurs, Simon est prédestiné à cette couleur, puisqu'il est né avec une tache rouge sur le visage. Signe incontestable que son destin est tracé.
Pourtant, lors d'une ballade en forêt, il découvre dans une petite chapelle, une vierge drapée dans un manteau d'un bleu éblouissant ! Il se trouve subjugué par cette magnifique couleur. Vint ensuite la rencontre d'un marchand de pastel  qui va changer sa vie . Avec enthousiasme, Simon apprend à connaître le pastel cette herbe qui fut un ancien remède, qui se trouve être un fourrage indifférent aux changements climatiques et qui permet d'obtenir après plusieurs manipulations " le bleu." Il décide donc d'abandonner l'atelier de son père pour se mettre à fabriquer le pastel. Toutefois, cette décision ne sera pas sans conséquences, car on mentor  sibyllin est fourbe et ne pense qu'à amasser l'argent au détriment  de Simon qui travaille avec acharnement. De plus, il possède une fort belle et coquine épouse ! L'enfer ouvre ses portes et de malheureuses étapes se succèdent dans la vie de Simon le naïf.
Très agréable à lire, fournissant mille détails sur la façon d'obtenir cette teinte à cette époque peu connue

lundi 27 juillet 2020

L'énigme de la chambre 622 de Joël DICKER

Une agréable surprise en découvrant ce livre à la vitrine de mon libraire, je l'attendais !
Notre charmant auteur, oublie les Etats Unis pour ce roman, il nous entraîne dans son pays : La Suisse,
dans laquelle cohabite les banques ainsi que l'horlogerie ! Et l'énigme commence.
Le palace de Verbier situé dans les Alpes Suisses est un lieu calme et privilégié, or voici qu'une nuit de décembre, ceci il y a plusieurs années en arrière, un crime est commis dans la suite 622. Bien sur, une enquête se déroule, mais demeure sans issue.
Des années plus tard, un jeune écrivain en peine de coeur, y séjourne pour des vacances, et se trouve bien involontairement mêlé à cette  ancienne affaire. Pris dans un engrenage infernal le voici bousculé de rebondissements en rebondissements : 
La semaine où doit être élu le nouveau président de la banque Ebezer, des incertitudes font surface :
l'héritier en titre, Macaire est-il vraiment capable d'assumer cette mission ?  Tandis que Lev Levovitch homme de confiance, fait des tours de passe passe avec les millards, et la femme de Macaire... Mais qui est donc ce mystérieux et agressif Tarnagol ?
Bref, la situation est fort compliquée, donc il convient de lire et relire certains passages afin de bien situer les différents personnages, d'autant plus, que selon son habitude, l'auteur, mêle le passé et le présent. Mais la solution ne se découvre que dans les dernières pages. Ouf !
A noter toutefois, le fort bel hommage rendu à l'éditeur de Fallois ami de l'auteur,  qui est décédé, ainsi qu'un clin d'oeil à son histoire familiale qui est très compliquée.


lundi 6 juillet 2020

Le bal des folles de Victoria MAS

Avec une écriture déliée, l'auteure dont il s'agit d'un 1er roman, nous entraîne dans l'univers de l'hôpital de la Salpêtrière au 19e siècle, alors régenté par Charcot, qui multiplie les expérimentations sur les malades mentales, ceci afin de faire progresser les connaissances en psychiatrie, qui sont alors en état de balbutiements.  
Aussi, chaque année à la mi-Carême, le tout Paris mondain, se rend dans ce prodigieux hôpital, afin d'assister à ce sinistre bal des folles.  Là, tous milieux confondus, les pensionnaires déguisées en laitières, mousquetaires, magiciennes, etc... tournoient sur valses et polka au milieu de la foule venue les épier. 
La vie quotidienne est bien exposée, ainsi que les différents traitements pour traiter l'hystérie. Effrayant.
Nous faisons donc la connaissance, de Geneviève, infirmière rébarbative, dédiée sans limite à Charcot, 
Louise, jeune fille violée par son oncle, Thérèse, ancienne prostituée, Eugénie, jeune bourgeoise, enfermée par son père car elle communique avec les morts ! Mais que font donc  ces femmes dans cette prison ? Le pouvoir des hommes étant souverain à cette époque,   la moindre déviance  est vue comme de l'hystérie. Les femmes devaient être soumises, où se retrouvaient dans cet odieux enfermement, sans obligation de certificat médical. Liberté, liberté chérie......
Dorimène a beaucoup apprécié ce roman, mais fut effrayée par l'exposition des malades dans cette mascarade sordide. Fait qu'elle ignorait complètement. Et vous en aviez vous connaissance ?

dimanche 28 juin 2020

Le pays des autres de Leila SLIMANI

Cette jeune auteure, nous prouve une fois de plus son  talent, avec son dernier livre.
Dans celui-ci, elle nous raconte la vie de ses grands parents entre les années 1946/1956. Il s'agit du 1er tome, 2 autres doivent suivre.
En 1944, Amine Belhaj, jeune marocain, combat pour l'armée française, et rencontre Mathilde, jeune alsacienne. Ils tombent amoureux. A la fin des combats,  et suite à leur mariage, ils s'installent au Maroc,  près de Meknès, dans une vieille ferme délabrée, où la terre est rébarbative aux travaux.
Dans cet environnement étouffant, Mathilde mal accueillie, ne peut accepter que la femme soit soumise, 
elle tient tête malgré de nombreuses oppositions et travaille avec ardeur tout comme son mari. Elle entreprend de multiples tâches, met au monde 2 enfants, dont elle s'occupe avec amour, tout en ménageant les 2 cultures dont ils sont issus. Tout cela dans une vie quotidienne rude et parfois décourageante. Remplie d'humanité la jeune femme apprend comment soigner différents maux, et aménage un dispensaire afin de traiter les ouvriers de son mari, ainsi que leurs épouses. Avec ardeur, elle multiplie ses efforts sans compter,  partage les déchirements qui s'installent, alors qu'un climat trouble parfois violent s'étend dans le pays. Les premiers affrontements vont bientôt se manifester, entraînant l'indépendance du protectorat.
Tous les protagonistes décrits sont effectivement dans "le pays des autres."
Ecrit avec justesse et sensibilité, ce livre  envoûtant est un bel hommage à ses origines. 



A lire ou relire :
- Chanson douce





Dorimène profite de ce commentaire, afin de vous faire part, du décès de Carlos Ruiz Zafon, auteur qu'elle aimait particulièrement, et qu'elle vous a recommandé préalablement plusieurs fois par le passé.
Une pensée pour lui.