samedi 8 février 2020

Les quatre coins du coeur de Françoise SAGAN

Ce fut avec grand plaisir que je découvris le roman inachevé de cette auteure. Il faisait partie de l'héritage transmis à son fils, et nous sommes heureux qu'il nous permit de le partager avec lui.
Comme beaucoup d'entre nous, cette écrivaine me fut révélée avec "Bonjour tristesse" alors que je n'étais qu'une gaminette. Cette lecture m'étant interdite, je me suis empressée de désobéir car j'avais l'adolescence rebelle. L'interdit étant une douceur merveilleuse !
J'ai de suite aimé cette écriture, vive, désinvolte, qui savait percer les dessous de pensées avec subtilité.
Nous retrouvons ici, une vie de famille  dans une certaine bourgeoisie étriquée de province, chère à l'auteure.
Le père, Henri Cresson, riche, autoritaire, maître de ses sentiments, mène sa famille comme son entreprise, souhaite réhabiliter auprès de ses relations, son fils  Ludovic, miraculé d'un très grave accident de voiture, devenu depuis, quelque peu fantomatique.  L'épouse du fils, Marie Laure, n'aime que l'argent, le paraître, semblable à un bel écrin vide.
La rencontre entre Ludovic et Fanny, veuve,  mère de Marie Laure, sera explosive, instantanée et apportera une résurrection  temporaire, dans la vie de ces 2 êtres handicapés par la vie.
Ces personnages principaux vont évoluer dans leur quotidien, se croiser, s'aimer, se détester, se mépriser même parfois. Drôle, bouleversant aussi,  façon Sagan.
Le texte s'arrête brutalement, notre imagination devra prendre la relève. Bon exercice.

mercredi 29 janvier 2020

Seul dans Berlin de Hans FALLADA

Le livre de cet écrivain allemand, fut publié en 1947 à Berlin Est, il est le témoignage terrifiant et réaliste sur les conditions réelles  de survie des citoyens allemands pendant le 3e Reich, au moment où le mouvement nazie est au paroxysme.
Nous suivons le quotidien de terreur et de détresse d'un immeuble modeste de la rue Jablonski à Berlin, où se croisent journellement les tyrans et les opprimés.
Entre autres :
Madame Rosenthal, juive, veuve et dépréssive est dénoncée puis pillée par ses voisins,
Baldur Persike jeune SS tourmente et terrorise les autres locataires ainsi que sa famille,
Mr et Me Quangel inondent la ville de tracts contre le régime en place, avec le désespoir d'avoir perdu un fils à la guerre,
Seul le vieux juge Fromm est un  personnage à visage humain.
Le texte est un excellent documentaire sur cette horrible période mais certaines descriptions sont vraiment effrayantes. Donc lecture à réserver les jours où votre soleil est au zénith ! En effet, la plupart des occupants de cet immeuble meurent dans des situations sordides, les uns après les autres !
Toutefois, une petite lueur d'espoir pointe son nez dans le dernier chapitre, mais elle est bien ténue.

mercredi 8 janvier 2020

366 féminin de Caroline GANDOLFO

Une nouvelle année = de nouvelles résolutions !
Aussi, afin que vous obteniez 20/20 je vous souhaite tout bien, tout au  long de celle ci !

Cette jeune auteure dont il s'agit du 1er livre, nous entraîne dans un cataclysme amoureux. 
Johann, brillant avocat,  marié à Alicia, disparaît brutalement alors que le couple fonctionnait bien et ne rencontrait pas de nuages particuliers. La jeune femme dans un  grand désarroi, ne peut arriver à comprendre une telle fuite que rien ne laissait présager.
Aussi, avec l'aide de sa fille Esther, née d'un précédent mariage, et d'amies dévouées, elle entreprend un  périple à travers l'Allemagne et l'Italie, afin de tenter de percer ce mystère. Après maintes découvertes, et de nombreuses difficultés, lui faisant douter de l'amour de celui-ci,  elle parvient petit à petit à découvrir le véritable visage de son époux et les lourds secrets des générations précédentes.
Le sujet du livre est interessant, l'écriture fluide, malgré quelques répétitions.
Toutefois, je fus terriblement agacée. Se peut-il que l'on abandonne ainsi son conjoint que l'on prétend aimer, sans explications ? Malgré des découvertes, si cruelles soient-elles ?
Pas d'accord. Dans un couple les regards se dirigent dans la même direction et la confiance en est le ciment pour sa durée.  Et toc ! 

lundi 23 décembre 2019

BED BUG de Katherine PANCOL

Une nouvelle fois, l'auteure que Dorimène aime particulièrement, nous entraîne dans un  tourbillon de situations désopilantes mais parfois dramatiques.
Nous y retrouvons ses personnages favoris, Babou, une grand mère fantasque et attachante qui parle à Dieu à travers ses orteils, une mère Valérie, élégante toujours  absente, cachée derrière ses lunettes noires et l'héroine Rose, jeune biologiste charmante, naïve. Elle effectue des recherches sur les lucioles, qui devraient révolutionner le monde de la recherche médicale. Ceci entre Paris et New York.
Rose adore les mots, particulièrement "utile" qui est son préféré, et aussi les insectes. Si elle maîtrise parfaitement la sexualité de ceux-ci, elle a quelques lacunes concernant celle des hommes. Elle se trouve déconcertée face à Léo, son collègue cubain, dont elle est amoureuse.   Et en plus, il porte un pantalon jaune ! Qui dans son entourage pourrait bien lui venir en aide ? Bien sur, Big Denise une autre collègue,  qui semble avoir une sexualité débridée pourrait  éclairer sa lanterne, mais....ce n'est pas tout a fait ce que l'on croit.
La ville de New York que l'écrivaine connait parfaitement est fort bien décrite, dans cette période actuelle où le féminisme est revendiqué, où les abus sexuels sont révélés;  enchaînements rapides, détails crus, mots justes, un régal. Jubilatoire !
Nous terminerons notre année de lecture avec bonheur.



A lire ou relire :
- La série des yeux jaunes des crocodiles
- La série des Muchachas
- Trois baisers
- Vu de l'extérieur
- Encore une danse
- Moi d'abord  etc etc.....

samedi 7 décembre 2019

La voleuse de livres de Markus ZUSAK

J'avais lu ce livre il y a quelques années, et cette relecture m'a fait découvrir, certains détails oubliés, ainsi que le renouvellement d'émotions très fortes. Pourtant, j'avais à l'époque ressenti quelques difficultés dans l'assemblage du texte où les phrases en allemand sont incorporées. Impression ressentie à nouveau dans cette lecture mais de façon plus ténue.
La vie tragique de Liesel nous est racontée par la mort, constamment présente dans cette histoire. Mais cette collectionneuse d'âmes sait parfois se montrer compatissante envers son pénible labeur. Alors que leur mère, suspectée d'être communiste,  emmène la fillette et son petit frère dans une famille d'accueil à Molching, loin de leur ville, le garçonnet meurt brutalement. Les faits se déroulent en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale, au moment où le parti nazi gagne en puissance au fil des jours.
Liesel arrive chez les Hubermann où Hans le père est peintre en batiment et accordéoniste. Rosa la mère au caractère bougon et vulgaire, effectue du repassage pour des habitants plus aisés afin d'améliorer le quotidien de la famille. La fillette est aimée dans sa nouvelle vie, et sa relation avec Hans est forte et profonde. Bientôt elle se fait des amis de son âge et une amitié sincère la lie à Rudy un voisin, avec lequel elle joue au foot. 
Bien que ne sachant pas lire à son arrivée, elle éprouve un envoûtement pour les mots. Aussi, petit à petit, au gré des circonstances, elle vole des livres : à la neige, au feu, à la bibliothèque de la femme du maire. Celle-ci lui en favorisant l'accès. Aidée par son père, ils inscrivent les mots nouveaux avec de la peinture,  sur les murs du sous sol, afin de les appendre. 
Bientôt Max, jeune boxeur juif est caché dans le sous sol par Hans et Rosa. Liesel le soigne, et Max la fait progresser rapidement en lecture, écrivant même des histoires pour elle.
Le texte oscille entre une grande humanité avec l'amour, les amitiés,  et une immense brutalité, la guerre, la haine,  sans arrêt la présence de la mort.  Le climat de cette époque est fort bien décrit. 
Très triste mais excellent livre.

vendredi 22 novembre 2019

Sur les berges du Richelieu de JP CHARLAND

Cet auteur, universitaire et historien Québécois, m'était inconnu, mais découvrant le livre je l'achetais aussitôt, car me rendant chaque année au Canada, j'eus l'occasion de visiter la ville de Richelieu, très bucolique et agréable, où se trouve un magnifique fort, construit en 1666 afin de se préserver des Iroquois, puis remanié par la suite cause problèmes déjà, et encore,  avec les anglais ! 
L'auteur nous entraîne dans une sage sur 3 volumes, située  sur les berges de la rivière Richelieu, ceci commence en 1905. 
Aldée est une fille de paysans, qui désire devenir institutrice. Hélas avec grand chagrin elle devra abandonner son rêve, son père la plaçant dans une famille à la ville, car son salaire servira à éviter la famine à cette famille vivant dans la pauvreté absolue. Elle entre comme domestique au service de la famille Turgeon, dont le père est médecin. Elle est très bien accueillie par le couple ainsi que par leurs 2 enfants. Graziella la vieille cuisinière la prend sous son aile, la trouvant maigrichonne. Tout en se plaisant dans sa nouvelle vie, elle doit combattre ses premiers penchants amoureux pour le fils d'un notable.
Puis nous faisons la connaissance du curé Alphonse Grégoire, qui plusieurs années auparavant, a commis une faute. Celle identique à notre abbé Mouret......De sa charmante nièce Sophie, de son vicaire l'affreux Donatien Chicoine, plus enclin aux papouilles des fillettes qu'aux prêches.
Le temps s'écoule et la vie quotidienne est très détaillée. La classe paysanne miséreuse survit difficilement alors que la bourgeoisie des villes découvre le progrès et mène une vie confortable et insouciante. Le docteur Turgeon brigue un poste à la Mairie afin d'apporter du confort aux plus démunis dont l'hygiène est déplorable. Ce qui n'est pas sans heurts parmi les nantis. Et puis, naissent les premiers émois amoureux.....
Lecture très interessante sur les conditions de vie de cette époque au Québec, et une suite semble envisageable ?

mercredi 6 novembre 2019

Les reins et les coeurs de Nathalie RHEIMS

L'auteure nous fait ici, le récit d'une lutte à laquelle elle fut confrontée pendant 1 an, contre une terrible maladie qui frappe depuis plusieurs générations, les femmes de sa famille.
Nos reins : qui du commun des mortels, peut prétendre connaître leurs fonctionnements exacts ? Ils sont invisibles comme d'autres de nos organes, donc de parfaits inconnus ! Bien que sachant que sa mère, sa grand mère, sa grand tante,  soient décédées de ce mal particulier, l'auteur préféra ignorer les premiers symptômes. Toutefois, elle renonça à la maternité de crainte d'avoir une fille et de lui transmettre ce terrible mal héréditaire. 
Pourtant devant la réalité, l'évidence s'installa, les examens puis les soins se succédèrent avec les douleurs  physiques et morales, ainsi que le renoncement petit à petit à le vie quotidienne. Après la révolte, vint la résignation. Car le corps  et le coeur fatigués et après maintes hésitations, il faut accepter le don d'organe afin de rester en vie. La descente aux enfers se poursuit, partagée entre reconnaissance mais aussi culpabilité. L'acceptation d'un tel don, d'un ami en bonne santé, pour poursuivre sa propre vie ?    
Livre très bien écrit, avec les mots justes, que nous lisons avec grande émotion.






A lire ou relire : Place Colette