vendredi 18 mai 2018

Merci Mary Patty de Lola LAFON

Il y a quelques années de cela, lors d'un voyage aux Etats Unis, j'eus l'opportunité de visiter le domaine Hearst.
Parler à son sujet de riche propriété serait un  euphémisme, car le gigantisme est présent partout ! Le parc de 56 hectares, entoure le château extravagant qui recèle de nombreux objets d'art de tous les pays. Il comporte 2 piscines l'une à l'intérieur l'autre à l'extérieur, un théâtre, un cirque etc...Construit sur la montagne enchanté, il domine la mer.
Il appartenait à un magnat de la presse William Hearst.
Peut être vous souvenez vous de l'enlèvement de sa petite fille, Patricia, par un groupe révolutionnaire, qui réclamait une rançon exorbitante pour sa libération. Mais celle-ci fit le choix d'épouser la cause de ses ravisseurs.
Aussi à la parution de cet ouvrage, j'eus grande envie d'en savoir plus sur cette affaire. Pourquoi un tel choix de Patricia qui vivait une vie de riche héritière, hors des sentiers battus ?
Hélas, je fus déçue par cette lecture, car la construction du texte, me parut cafouilleux et sans découverte. Si, toutefois, j' appris que la mère de Patricia s' habilla en noir dès qu'elle prit connaissance de l'enlèvement de sa fille. Jusqu'où va se nicher l'amour maternel !
Dorimène serait ravie de connaître votre point de vue sur cet ouvrage et d'en bavarder avec vous.

dimanche 6 mai 2018

PACTUM SALIS de Olivier BOURDEAUT

Après l'énorme succès de " En attendant Bojangles", nous attendions avec impatience, le second roman. Et bien celui-ci est également une réussite !
L'histoire se déroule dans les marais salants, dans le cadre merveilleux de la presqu'île de Guérande. Notre curiosité est aiguisée pour la plupart d'entre nous, par la découverte d'un vocabulaire en partie ignoré. L'auteur le maîtrisant à la perfection puisqu'il a pratiqué ce métier ultérieurement. Les descriptions de cet univers sont somptueuses et remplies de poésie.
Jean a quitté Paris pour se reconvertir dans le métier de paludier. Dans ce métier pénible où il gagne difficilement sa vie, il a trouvé un épanouissement. Car c'est un homme sauvage, au caractère insociable  mais qui vit heureux dans sa solitude.
Michel est agent immobilier, flambeur,  ambitieux, il roule en Porsche,  porte des chaussures assorties à ses polos et  rêve de Paris car prêt à tout afin de réussir.
Un matin d'août, alors que le moment est crucial pour la récolte de l'or blanc, Jean découvre une Porsche sur sa palude, Michel endormi,  ivre mort , qui a uriné sur une pyramide de sel ! L'affrontement entre les 2 hommes est inévitable. Un rapprochement est-il possible entre ces 2 hommes aussi dissemblables ? Toutefois, comme ils partagent le goût des alcools forts,  Michel  se retrouve l'employé de Jean pour une période définie. Si l'amitié est un pacte de sel, la partie n,'est pourtant pas gagnée entre  les 2 hommes qui cependant éprouvent un intérêt réciproque.
Dans ce roman outre les réflexions sur le statut social, le sens donné à la vie, nous plongeons au fond de l'âme humaine. 
Pour le côté loufoque, nous croisons Henri, ami parisien de Jean, droit sorti du 18e siècle, portant redingote élimée, parlant un vocabulaire châtié et adorant les duels.
N'en déplaise aux esprits chagrins, ce roman est une réussite, et Dorimène vous le recommande très fortement.

jeudi 26 avril 2018

La serpe de Philippe JAENADA

Une fois encore, Dorimène a lu avec grand intérêt l'ouvrage de cet auteur.
Avec sa minutie habituelle, celui-ci décortique avec application et forces détails parfois hilarants, divers jeux de mots,  ainsi que moults paranthèses, le mystère nébuleux de ce triple meurtre.
Il s'agit de la vie de Henri Girard, alias Georges Arnaud,  auteur du "Salaire de la peur", livre qui inspira Clouzot.
Henri Girard fut élevé par son père et sa tante, et fut un enfant difficile, capricieux, instable, gaspilleur, insolent et même crapule. Dans sa jeunesse, son seul souci fut de ne rien faire et de dépouiller son père et sa tante.
Pendant la seconde guerre mondiale, survint le drame : alors que la famille se trouvait réunie dans le château familial d'Escoire en Dordogne, le père, la tante ainsi que la bonne furent sauvagement assassinés à coup de serpe . Henri dormant à l'étage prétendit avec négligence, n'avoir rien entendu. Pourtant, tout l'accusait : son passé houleux, et son futur héritage. L'entourage entier demeurait persuadé de sa culpabilité. Toutefois, après un procès retentissant, il fut acquitté ! Stupeur, et chacun criant à l'erreur judiciaire. A l'issue de celui-ci, Henri partit en Amérique où il perdit l'argent de son héritage, il rentra alors en France,  et  il devint l'écrivain Georges Arnaud. Il termina sa vie en militant pour l'indépendance de l'Algérie et la défense des plus vulnérables.
 Personnage ambigu, stupéfiant, nous ne sommes pas surpris qu'il ait attiré cet auteur,  qui refit une enquête rigoureuse, mêlant des détails de sa vie personnelle, comme à l'accoutumé, nous donnant  même une leçon d'histoire avec l'historique du château d'Escoire construit en 1530 par la famille de Ranconnet de Noyan.
Les 640 pages se tournent avec impatience et grand plaisir;


A lire ou relire :
- La petite femelle

dimanche 8 avril 2018

Quand sort la recluse

Ce livre est pour Dorimène le premier récit de cette auteure. Quel livre, une révélation !
Un polar étourdissant, une enquête menée par l'équipe du génial commissaire Adamberg obligé de s'extraire des brumes islandaises, afin de rentrer en France pour démêler un nouveau meurtre. Or celui-ci entraîne une nouvelle affaire : 3 octogénaires nîmois décèdent de morsures d'araignées recluses, dont les blessures se sont infectées puis sclérosées . Fait surprenant puisque ce type d'araignée dite violoniste (bien joli nom pour vilaine bête) n'a pas un venin mortel à faible dose.
Avec ses immenses connaissances, l'auteure nous véhicule dans les méandres multiples du temps, établissant un parallèle avec les femmes recluses du moyen âge, ces femmes qui étaient emmurées volontairement ou non afin d'expier. Réveillant de vieux fantômes nous découvrons des tortionnaires dans un pensionnat et des incestes en famille. Règlement de comptes ?
Ce roman se lit d'un trait malgré votre phobie des araignées tant l'histoire est palpitante. 
Et aussi, comme le gros chat couché sur la photocopieuse est craquant, ainsi que le roucoulement des  oiseaux agréable à l'oreille....De la poésie rose dans des pages noires.

vendredi 23 mars 2018

L'étoile jaune de l'inspecteur Sadorski

Le récit de ce roman se situe en 1942, sous le régime de Vichy, le personnage principal Léon Sadorski est un quadragénaire qui travaille aux renseignements généraux. Il traque les opposants au régime alors en place, déteste les bolchéviques,  aime sa femme Yvette mais la trompe sans scrupules, et s'occupe du dossier juifs, envoyant les hommes à Drancy et les femmes à la prison des Tourelles. Cet homme ambigü à la fois démoniaque et fascinant est un policier zélé qui est convaincu  bien faire son travail. Ses voisins étant juifs il accepte toutefois d'héberger leur fille de 15 ans, Julie, pour laquelle il éprouve une forte attirance, ceci à la demande de sa mère emprisonnée, car elle a une grande confiance en lui, le croyant en contact avec la résistance. Il profite donc de sa situation afin de lui soutirer quelques renseignements sur ses amis juifs de l'est qu'il juge dangereux pour le régime actuel. Car cet homme ange et démon, n'hésite pas à dénoncer, créer des accusations ceci avec bonne conscience. Nous découvrons le rôle précis de l'administration française  sous l'occupation allemande, le reflet de l'époque est  saisissant mais très dérangeant. La vie quotidienne des juifs est décrite avec précision, l'étoile jaune, les multiples contrôles , la rafle du vel'div, les diverses tortures,  évènements sous le regard d'une population complice, par peur, lacheté, interêt ? 
Il mène alors de front, 2 affaires : enquête sur un attentat dans un bar devant le palais de Justice de Paris, puis sur la découverte d'un cadavre féminin sur les bords de la Marne. Un vrai polar !
Le travail de l'auteur sur le sujet est remarquable tant la documentation est importante et précise. Ce livre nous bouscule nous oblige à regarder  en face cette vérité que nous ne devons pas oublier .



Dorimène vous renouvelle du même auteur :
- Monsieur le Commandant
- Des petites filles modèles

lundi 5 mars 2018

De l'influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles

Ce récit probablement peu envisageable, est un vrai moment de plaisir !
Le héros Paul, est un garçon à la fois, charmant, naïf et androgyne façon David Bowie. Il cultive sa différence selon les situations qui l'avantagent.  Mais Paul n'aime que les filles, d'ailleurs il tombe souvent amoureux et affirme son choix avec sérénité.
Il vit dans une famille complètement déjantée. Sa mère lesbienne Léna,  est un ouragan de femme à la moto, qui exerce la profession de tatoueuse. Sa compagne Stella est l'opposée. Fine élégante, ancienne hôtesse de l'air reconvertie dans la restauration. Ce petit monde cohabite avec des hauts et des bas en suivant chacun ses idéaux. Paul ne connait rien de son père, s'en satisfait car "à quoi sert un père alors que j'ai 2 mères ?" Toutefois, un certain jour, la question du géniteur se pose, aussi les problèmes arrivent. Ceux-ci entraînant quelques découvertes totalement inattendues avant que l'ordre se rétablisse.
Et nous, nous avons passé un délicieux moment entre rire et tendresse lors de cette lecture totalement loufoque.


Dorimène vous invite à  lire ou relire de cet auteur :

- Le club des incorrigibles optimistes
- La vie rêvée d'Ernesto G.
- Trompe la mort
- La vie des arbres et du ciel

mercredi 21 février 2018

Femme à la mobylette

Cet auteur apprécié par Dorimène qui vous a transmis ses commentaires sur différents écrits précédents, vous conseille ce jour,  ce roman social toutefois assez sombre.
Reine traverse une période difficile depuis 3 ans. Abandonnée par son mari, elle vit seule avec ses 3 enfants qu'elle adore,  dont l'ainé n'a pas encore atteint l'âge de 10 ans, et en plus, elle a perdu son travail. Pourtant, elle possède en elle de grands trésors qui lui furent transmis par sa grand mère communiste, qui l'a élevée, sa mère étant décédée. 
Tout d'abord, Reine est poète, elle écrit des récitations qu'elle répète dans la journée lorsque de tristes bourdonnements viennent envahir sa tête : celle de la couture, celle des objets usuels de la maison, celle des chanteurs, etc... Mais  surtout Reine coud à la perfection, elle a les mains travailleuses, des mains utiles. Mais dans l'immédiat, cela ne l'aide guère pour nourrir sa famille. Seul un miracle pourrait anéantir son désespoir ! Celui-ci survient, il est enfoui dans la jungle des encombrants qui meublent son jardin ; Une mobylette bleue des années 60 ! Elle va lui permettre de trouver du travail, de reprendre la couture  avec ses "tissanderies"où elle excelle, et de retrouver l'amour, la tendresse inconnue,  sous les traits d'un camionneur Jorgen, qui lui apprend la peinture de Rembrandt.
Reine est enfin heureuse, elle vit ! Mais ce bonheur durera t-il devant la menace de son ex mari qui veut  lui reprendre ses enfants ? Rejoindra-t-elle à nouveau les oubliés de cette société actuelle dans laquelle nous vivons.
Triste mais avec parfois des pointes d'humour qui font sourire.
Ce livre comporte à la fin, un carnet de voyage de l'auteur, très interessant.

Dorimène vous renouvelle les lectures :
- En vieillissant les hommes pleurent
- Le cheval Péguy
- Je vous écris dans le noir (Prix Exbrayat)