mercredi 31 août 2016

Maman a tort

Malone est un bel enfant d'environ 3 ans, qui vit entre une mère aimante, douce, et un père "qui crie beaucoup." Une famille normale, selon toute apparence, qui vit dans un lotissement proche du Havre.
Toutefois, Clotilde son institutrice, ainsi que Vasile le psychologue scolaire, constatent que Malone a parfois un comportement bizarre. Sa tête semble habitée par mille présences, il panique devant la pluie, a constamment froid, mais surtout il ne cesse de répéter à Vasile que sa maman n'est pas sa maman. Certes il est un enfant avec une grande imagination, mais il persiste à parler de sa maman d'avant,  des souvenirs partagés avec elle, et Vasile le croit.  Aussi  décide-t-il,  d'abord seul puis avec l'aide de la commandante de police Marianne Augresse,  de comprendre ce qui s'est déroulé dans la vie antérieure de Malone, que s'est-il passé sous ses yeux, qu'a t-il vécu pour un tel  traumatisme ? Où se trouve le château avec les tours, le bateau pirate, la fusée, l'ogre ? Vasile doit agir rapidement, car il sait que les souvenirs d'un enfant de cet âge, s'effacent très vite. 
L'auteur tisse une trame qui semble parfaite, puis la démonte bientôt, afin de nous tenir en haleine jusqu'à la fin de l'histoire.
Roman très facile à lire, la partie développant les souvenirs fugaces d'un enfant de cet âge avant l'évaporation, est particulièrement interêssante.

samedi 6 août 2016

Je suis de celles qui restent

Nous retrouvons avec plaisir cette auteure dont nous aimons l'écriture.
Dans son dernier roman, elle nous entraîne dans un secret de famille.
Aline vient de perdre brutalement son mari décédé d'une crise cardiaque. Le couple avait quitté leur sud ouest natal il y a plusieurs années, afin que Michel ambitieux et déterminé, réussisse sa vie professionnelle . Ils résidaient en région parisienne, et Aline avait mis en veilleuse sa vie d'enseignante, afin d'élever leurs 2 enfants. Mais la vie avançant à grands pas, les enfants sont partis, au loin pour l'un, appelés par leurs obligations. 
Alice seule, anéantie, déprimée, est stupéfaite lorsqu'elle reçoit un colis au nom de son mari, qui contient un briquet Dupont en or. En effet, celui-ci ne fumait pas ! L'étonnement enfuit, elle décide de mener une enquête afin de comprendre, et se retrouve bientôt dans le sud ouest, sur leurs terres familiales.
Après plusieurs rebondissements inattendus, elle parviendra à élucider ce mystère et retrouvera la paix.
L'auteure nous livre ici, une fort belle description de cette région du sud ouest qui est aussi la sienne, avec détails sur cette vie rurale actuelle. Et aussi, fort bien documentée sur les briquets, elle nous enseigne les origines, les passions des collectionneurs,  avec cette authenticité qui est la sienne.

Revoir cette auteure sur les lectures de Dorimène :
- Sous le toit du monde
- La dernière bagnarde  

lundi 25 juillet 2016

Les enquêtes de Setna

Voici quelques temps déjà que Dorimène ne s'était penchée sur des pages de cet auteur pour qui elle a cependant, une certaine admiration, ayant une affection pour ce magnifique pays qu'est l'Egypte.
Il nous propose ici, une énigme mystérieuse sous le règne de Ramsès II.
Setna, fils cadet du grand pharaon est un jeune prince aux multiples connaissances, doublé d'un grand magicien. Accompagné de Sekhet, jeune femme aux dons exceptionnels en médecine, ils vont tenter de déjouer le complot du mage noir, qui s'est approprié le vase scellé d'Osiris, vase unique contenant le secret de la vie ainsi que de la mort, et s'il est ouvert, son pouvoir pourrait anéantir l'Egypte.
Une foultitude de rebondissements intervient contenant de multiples dangers, mais leur amour les guide et les protège des forces du mal.
Toutefois, l'énigme est ténue malgré les nombreux pièges et maléfices décrits, le récit s'éternise, et les 4 volumes pour cette histoire ne semblent pas nécessaire.
Néanmoins, les dessins évoquants  diverses scènes de la vie quotidienne de cette époque, qui se trouvent dans différents tombeaux, permettront à ceux qui connaissent ce fabuleux pays, de refaire une partie du voyage.

samedi 2 juillet 2016

Le sourire étrusque

Dorimène remercie vivement l'ami qui lui fit découvrir cet auteur. Ce livre est magnifique !
Salvatore est un vieux paysan rustre, de l'Italie du sud. Il se rend à Milan chez ses enfants, afin de passer divers examens médicaux, car il est atteint d'un cancer avancé. Il donne à sa maladie le nom de "rusca" petit furet femelle qui lui a appartenu jadis. Son humeur vire à l'aigre car il déteste Milan, ville toujours grise, triste, où le pain est fade, et les poires n'ont aucun goût !
Cependant, au cours du voyage, alors qu'il attend son fils dans un musée, il découvre un sarcophage étrusque. Il est alors  intrigué, puis subjugué par le sourire indescriptible à la fois calme et voluptueux du couple reposant sur le couvercle. Son fils apportant peu de réponses à ses nombreuses questions, il s'en ouvrira à sa belle-fille, qui est une spécialiste de l'art. L'art cette chose absolument inutile !
A l'arrivée au domicile de ses enfants, avec une mauvaise foi manifeste, Salvatore ne cesse de critiquer,
parfois avec ironie la vie de ses enfants :  sa belle-fille trop maigre, l' appartement sans vue,  le ciel toujours gris ! Toutefois, jaillit une étincelle lorsqu'il découvre son petit-fils, Bruno. En plus, ce prénom était celui qui lui avait été donné lorsqu'il était dans le maquis. Heureuse coïncidence ?
La cohabitation n'est pas toujours des plus heureuse, Savatore refusant de changer ses habitudes, pourtant il ressent un amour immense pour le bébé à qui il décide de transmettre avec une grande tendresse,  son savoir campagnard
Il veut léguer une part de lui-même à cet enfant, afin que perdure en lui un peu de son histoire. Entre eux s'installent des habitudes, une complicité, une certaine compréhension, le bonheur. Lors d'une promenade, ils font la connaissance d'Hortensia, veuve charmante et douce qui saura donner les bons conseils. Une profonde amitié liera bientôt Salvatore et Hortensia, qui virera à la tendresse, à l'amour.
Mais la "rusca" s'agite dans le corps meurtri, permettra-t-elle qu'ensemble ils connaissent la plénitude dans le bonheur ? Auront-ils droit eux également à la sérénité du sourire étrusque ?

lundi 20 juin 2016

Il reste la poussière

Amateurs de polars, ce livre est pour vous ! Vous ne pouvez  absolument pas passer outre....
L'action se déroule en Patagonie, dans un "univers impitoyable" de fin du  monde, et commence de suite très fort. 
Un petit garçon terrorisé de 4 ans, Rafael, court à perdre haleine à travers la steppe, poursuivit par ses frères jumeaux, Mauro et Joaquin, qui galopent à cheval. La poursuite est très rapide et consiste à attraper le petit, à le traîner, et ensuite  le lâcher dans un buisson d'épineux ! L'enfant souffre seul, ne dit rien à la mère indifférente, qui de toute façon, refuse de voir ce spectacle et le corrige devant les vêtements déchirés. En effet, depuis que son ivrogne de mari a frappé un peu plus fort qu'à l'accoutumée et qu'il a disparu, elle dirige son élevage ainsi que ses fils, d'une main magistrale, sans aucun état d'âme envers eux. Elle ira même jusqu'à jouer Joaquin aux cartes, et le perdre,  contre le solde de ses dettes !   La famille vit pauvrement, travaillant dur car leur survie est très difficile face aux gros éleveurs qui petit à petit grignotent les terres. Le 3ème fils Steban semble ahuri,  parle peu, il passe pour le débile de la famille Un unique lien les unit : la haine.
Seul Rafael, enfant mal aimé, maltraité, représente l'innocence, partageant sa tendresse entre son chien et son cheval,  mais parviendra-t-il malgré son courage, son endurance,  à sortir de cette violence nauséabonde ? 
Vous le saurez en savourant cette lecture.

lundi 6 juin 2016

Le cheval Péguy

Avant tout, je dois témoigner ma gratitude à cet auteur qui m'a permis de découvrir l'oeuvre de Charles Péguy. 
En effet, au lycée j'avais étudié certains des poèmes de Péguy, (je sais il y a quelques temps déjà, mais pas aussi vieux que cela...) mais n'avais ressenti qu'ennuis trouvant ce poète fort démodé. Puis lors d'une rencontre avec JL Seigle, j'ai acheté son livre et la grâce de son écriture m'a permis de comprendre ce que disait Pégy, ce fils de paysans, dont la grand-mère et  la mère étaient rempailleuses de chaises, tandis que son père était mort à la guerre.
Après de belles études, ce grand philosophe, poète, grand républicain, socialiste, mais chrétien ne cesse d'écrire des poèmes sur Jeanne d'Arc qu'il admire car pour lui elle représente les valeurs de la république. Est-ce également parce qu'elle est souvent représentée en cavalière qu'il assimile le cheval qui a des sabots, à ces paysans besogneux, sabots aux pieds,  qui l'entourent  dans sa vie quotidienne ? 
Afin de compléter mes découvertes me voici relisant les oeuvres poétiques de Charles Péguy. Et la magie opère !...Le chant des mots s'ordonnent, fonctionnent, et la beauté des vers jaillit.
A découvrir ou redécouvrir.

lundi 23 mai 2016

Des petites filles modèles

Dans son récit, l'auteur nous livre une version remodelée des petites filles de la Comtesse de Ségur.
Si les personnages sont identiques, leurs comportements sont totalement opposés .
On retrouve Me de Rosbourg ainsi que sa fille Marguerite âgée de 15 ans. Cette dernière souffrant d'anémie, elles se rendent en voiture dans les Pyrénées, afin que la jeune fille se repose au grand air. Pendant le trajet, lors d'un début de grisaille en fin d'après-midi, 2 silhouettes fantomatiques surgissent devant la voiture, provocant un accident. Le chauffeur meurt, tandis que la mère et la fille blessées sont secourues par les" 2 spectres", Madeleine et Camille de Fleurville qui les conduisent dans le château voisin propriété de leur mère. Là, elles reçoivent un accueil chaleureux ainsi que des soins, et sont invitées par la suite, à prolonger leur séjour.
A partir de là, notre diabolique auteur se déchaîne !  Une Comtesse sanglante, qui fit assassiner de nombreuses jeunes femmes,  se trouve même être l'ancêtre de Me de Fleurville. Nous imaginons avec facilité la suite à venir.... Il n'en est rien pour Me de Rosbourg et de Marguerite, qui ne voient que l'extrême bonté  du trio infernal, en ignorant  le vampirisme  présent.
La tension monte, la chaleur vire au rouge écarlate et les petites filles en fleurs libèrent bientôt de leurs petits coeurs pas très innocents, d'autres jeux.
Avec virtuosité l'auteur nous entraîne dans une danse bouillonnante, pour notre plus grand plaisir.


Dorimène vous renouvelle l'excellent livre de cet auteur , commenté préalablement : Mr Le Commandant.