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jeudi 31 août 2017

Déshabillons l'histoire de France

Dorimène ne pouvait pas sur sa dernière lecture du mois, omettre de parler de "notre Gonzague".
Il était en effet prévu qu'elle vous conseille ce truculent récit, lu avec intérêt et amusement.
L'auteur mêlant tantôt une écriture fleurie, tantôt une écriture grivoise, avec ironie et zèle, nous conte les secrets d'alcôves des grands qui firent l'histoire de notre pays.
Partant des Gaulois, nous rencontrons tour à tour, les Mérovingiens, les Carolingiens, le Moyen âge, les Capétiens, la Renaissance, puis les Bourbon, la Révolution, les 1er et second Empire, la Belle Epoque et enfin la Grande Guerre.  Que de rêves, de fantasmes, de désirs divers pendant ces siècles !
Avec sa plume magique, sans jamais tomber dans la vulgarité; l'auteur nous entraîne dans un ballet voluptueux où le rôle des femmes est prépondérant, nous démontrant que l'amour est indissociable du pouvoir. Mais en avions-nous douté ?
 "L'enfant de Vinci" est imprégné d'histoire puisqu'il vécut son enfance au Clos Lucé, toutefois toujours "Grand Seigneur" il fut cependant un homme de notre époque utilisant les techniques d'aujourd'hui afin de nous expliquer hier.



A relire absolument (entre autres) : L'enfant de Vinci
                                                       Les vieillards de Brighton

samedi 14 juin 2014

L'ange de l'ombre

L'acceptation par Gonzague Saint-Bris d'écrire une biographie sur le marquis de Sade, fut incontestablement fort difficile. Car connaissant cet auteur pour ses écrits, ses biographies, et sa courtoisie, il est sans doute, le plus romantique de nos écrivains actuels.
J'ai pris connaissance de son dernier ouvrage avec grand intérêt, car je me suis depuis longtemps interrogé sur ce Donatien de Sade, perçu comme un grand pervers, diabolique, même un fou. Bien sur, j'ai lu dans ma jeunesse, pas si lointaine que cela, (il est interdit de sourire), Justine, les 120 journées de Sodome, et la marquise de Gange. L'interdit étant toujours très tentant...
Si Sade fait triompher le vice part rapport à la vertu, c'est qu'il tient à révéler les turpitudes dans toutes les couches de la société, de ce 18e siècle particulièrement libertin. Sont-ce des fantasmes ou a-t-il vraiment appliqué toutes ces scènes sexuelles et morbides  avec autant de précisions ? Ce qui est évident c'est que les propos diffamatoires de cet athée effréné, ne pouvaient que le conduire à sa condamnation. L'église était alors toute puissante, mais ses représentants vivaient pourtant une sexualité débridée.
Sade se sert des pratiques des mœurs des contrées lointaines pour établir une moralité, car il est avant tout pour la liberté de choix.
Car malgré ses scandaleux écrits, ne nous annonce-t-il pas le XXe siècle ? Il est de nos jours, des auteurs aux écrits semblables à ceux de Sade, et qui pourtant sont reconnus, encensés ?
Par sa participation à la révolution, (ses vieux démons éloignés de lui ?) il possède alors une tribune, il se dévoile profondément républicain, et transmet à travers ses contes, nouvelles, pièces de théâtre, son testament philosophique, où il rêve d'avenir meilleur dans une société plus juste, plus égale, plus libre, chacun devant vivre selon son mode choisi. Grand rebelle dans ses pensées il condamne la peine de mort, et parvient à faire jouer ses pièces de théâtres par les aliénés de Charanton avec lesquels il est en détention. Cet acte n'aurait pas été renié  par tonton Freud...
Il fut aussi  cité par Laclos son voisin  d'emprisonnement, avec qui il eut  un destin commun, puisqu'ils échappèrent l'un et l'autre à l'échafaud, et passèrent à la postérité.
Ce qui m'interpelle le plus, c'est la vie de Renée-Pélagie son épouse. Jeune, chaste de petite noblesse, sa famille est très fière que leur fille entre dans une vieille famille de noblesse d'épée. Qui compte entre autre, dans ses ancêtres, Laure, chantée par Pétrarque. Pendant les 30 années d'emprisonnement de son mari,   elle éleva seule leurs 3 enfants, son dévouement, son sacrifice, son abnégation même, prouve que toujours très éprise de son époux, bien que connaissant ses turpitudes et ses perversités,( y a-t-elle pris part ? En ce qui me concerne je doute)    elle l'aima de toute son âme, sans restrictions.
De nos jours également Simone de Beauvoir, A. P. de Mandiargues, nous parlent de Sade non plus comme d'un être diabolique, mais comme d'un grand écrivain. Nous lui devons le mot "sadique" mais n'oublions pas également le mot "sadien".
 Si Donatien de Sade vivait à notre époque, sans doute aurait-il rivalisé avec Pasolini.

A méditer vous aussi.