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mardi 4 mars 2025

Frapper l'épopée d'Alice ZENITER

Lorsque Tass (Tassidy) revient en nouvelle  Calédonie afin renseigner le français dans un lycée, elle ne songe nullement à ses ancêtres, son mal être est grand, son chagrin immense, elle vient de quitter définitivement Thomas avec lequel elle partageât 10 ans de vie commune.

A son arrivée à Nouméa elle retrouve une amie de sa mère, et fait connaissance avec "un ruisseau", NEP (n'épouse pas un pauvre), FIDR (fille de la réussite), 3 personnages hauts en couleurs qui forment un clan tout en oeuvrant pour l'indépendance de l'ile.

La description de la ville est fort détaillée avec ses nombreux parfums, ses couleurs flamboyantes , ceci malgré  une chaleur étouffante . Parmi ses élèves, des jumeaux Kanaks Pénélope et Célestin, l'intriguent énormément. Les 2 adolescents de sexe différent  sont en tous points identiques physiquement, avec de nombreux tatouages sur tout le corps. Elle s'interesse à eux et tentent de les faire travailler sur la découverte de Marivaux.

Lors d'un vide-grenier, son esprit vagabonde les divers objets à vendre pourraient-ils raconter leurs différentes vies avec leurs propriétaires respectifs ? La transmission est-elle quelque chose d' important ? Notre propre histoire qui provient d'autres histoires peut-elle  et doit-elle s' expliquer ? Elle songe à ses ancêtres dont elle ne connait que peu de choses, et décide de découvrir qui était cet arrière arrière grand père algérien qui débarqua sur le Caillou, ancienne  Calédonie; en tant que Bagnard; La voici partant à sa découverte et chutant dans un trou d'eau, rencontre l'esprit des morts qui est sacré chez cette population calédonienne. Elle découvre la création de cette terre formée d'une multitudes d'iles, où voisinent depuis des millénaires diverses coutumes dont la complexité est grande, dans une société figée entre les groupes en mal d'identité. Enfin le bagne qui devait remplacer celui de Cayenne, .où fut envoyé son ancêtre algérien Areski.

Le chapitre sur le bagne est particulièrement interessant avec moult détails sur la vie, l'organisation de cette vie coloniale,  héritage identique avec l'Algérie

Très bon récit, bien documenté, révélateur, avec toujours cette écriture brillante, épopée romanesque aussi, entre vérité et légende. Mythe réussi.


A lire ou relire : Sombre dimanche,  Juste avant l'oubli, L'Art de perdre, Comme un empire dans un empire

                          



lundi 8 mai 2023

Toute une moitié du monde d'Alice ZENITER

Cette auteure est appréciée par Dorimène, elle vous a commenté plusieurs de ses précédents romans. Toutefois, elle ne fut pas aussi enthousiaste avec ce dernier récit.

 Cet essai, causé par le confinemnt a donné à l'auteure l'occasion de réflexions sur ses méthodes d'écriture, depuis ses souvenirs d'enfance, partagés avec ses héros préférés : "le club des 5", et si elle aime Madame Bovary où Lady Chatterley, elle parvient à s'identifier à celles-ci, en laissant Anna Karénine en chemin...Par contre, elle nous informe également, que pour elle, un animal ou une plante, puisse éprouver une relation romantique. Enfin bon, j'avoue ne pas vraiment suivre là ? Me voici guère convaincue.

Cette auteure sans histoire, s'interroge sur la place des femmes dans la société dans l'écriture par rapport aux hommes, dans l'autre moitié du monde face à la fiction. Bref, des questions parfois pertinentes, mais malgré la qualité de l'écriture, je me suis un peu ennuyée lors de cette lecture.

Bien entendu il serait agréable à Dorimène  de partaer ses avis avec vous,  mais pour cela il faudrait que vous décidez de lui répondre ! .....



A lire ou relire :

- Sombres dimanches

- Juste avant l'oubli

- L'art de perdre

- Comme un empire dans un empire

mercredi 28 octobre 2020

Comme un empire dans un empire d'Alice ZENITER

 C'est avec impatience que j'ai commencé cette lecture ! Car en effet, les précédents ouvrages commentés préalablement sur "Les lectures de Dorimène"étaient pour moi, de forts agréables moments, passés avec cette auteure. J'aime son style d'écriture, chaque phrase est affilée, ciselée même, et bien construite.

Son dernier roman est une chronique sociale de notre époque, où informations, désinformations, se succèdent sans interruption. Les gilets jaunes sont aussi mentionnés

Dans ce monde en devenir, "il faut que quelque chose change", est le credo des 2 héros en mal être. Fiction réaliste où la jeune génération se cherche face à la violence ainsi qu'a l'incertitude quotidienne. Leur seul point commun est leur âge : ils ont 30 ans.

Antoine est assistant parlementaire et il entre bientôt malgré lui, dans le jeu des politiques. Pourtant il conserve en lui, l'espoir d'écrire un livre sur la guerre d'Espagne.

L, c'est ainsi qu'elle se définit, est hackeur, plutôt clandestine mais engagée pleinement. L'arrestation de son compagnon qui a effectué des malveillances informatiques sur une société connue, lui ait perdre tous repaires . Elle angoisse, se sent épiée, ne parvient plus à se contrôler.

Avec forces détails, l'auteure certes fort bien renseignée sur le sujet, nous raconte le fonctionnement du piratage informatique. Et cela m'a paru assez ennuyeux. Pour moi l'ordinateur est un outil pratique, sans plus. Trop de détails, de précisions, alourdissent l'histoire. Dommage, car la critique de notre société actuelle était parfaite.




A lire ou relire :

-Sombre dimanche

-Juste avant l'oubli

-L'art de perdre


mercredi 20 décembre 2017

L'art de perdre

Ce magnifique récit est une saga familiale sur 3 générations, et débute dans les années 1930, en Algérie.
Après la découverte providentielle d'un pressoir charrié par les eaux d'une rivière, La vie d'Ali est chamboulée dans sa Kabilie natale. Il peut ainsi se lancer dans la culture des oliviers et produire de l'huile. Travailleur infatigable, ses affaires deviennent prospères, lui permettant d'oublier le préalable travail harassant sur sa terre rocailleuse. Toutefois, le destin étant en marche sa vie va basculer au moment de l'indépendance. La poitrine couverte de médailles, remises par la France, en raison des combats menés pour elle pendant les 2 dernières guerres, il doit abandonner ses terres tant aimées, la déchirure est violente, la perte de son pays et de sa position sociale sont dramatiques, mais il deviendra un Harki qui se déracine pour la sécurité de sa famille.
Nous le voyons tenter de survivre misérablement notamment dans le camp de Rivesaltes, où bientôt son fils Hamid tentera de comprendre, posera des questions, toutes restées sans réponses, l'incompréhension  s'installera entre eux, car la résignation viendra  après la révolte. A son tour, Hamid partagera le silence, honteux de ce passé, il s'en fera un rempart afin d'oublier ses frustrations.
Naïma, petite fille d'Ali et fille d'Hamid, vit heureuse à Paris où elle mène une vie indépendante en travaillant dans une galerie d'art. Pourtant les attentats de 2015 l'interpellent et elle se pose des questions sur ses origines, sur sa famille dont elle sait peu de choses. Pour des raisons professionnelles, elle se rend en Algérie, rencontre une partie de sa famille restée sur place. le choc est rude. Sa recherche de racines lui permettra de retrouver sa véritable identité avec déchirures mais bonheurs aussi.
Avec beaucoup d'émotions, l'auteure à la belle écriture,  dévoile ses sentiments sur le sujet ténébreux des français musulmans qui ont choisi la France.
Dorimène a trouvé ce livre magnifique, elle regrette qu'il n'ait pas obtenu le Goncourt. Elle suit cette auteure depuis ses débuts et vous incite à lire :

- Sombres dimanches
- Juste avant l'oubli 

mercredi 3 février 2016

Juste avant l'oubli

Souvenez-vous, lorsque préalablement je vous avais conseillé la lecture  "Sombre dimanche" de cette auteure, j'avais prédit que nous entendrions parler d'elle à l'avenir. Je le réitère. Voici donc son dernier roman aux allures de thriller psychologique qui est une réussite.
Dans une île perdue des Hébrides, Emilie est chargée d'organiser des journées d'études consacrées à l'écrivain de polars "Galwin Donnell", sur lequel elle prépare une thèse. Cet auteur mythique a passé les dernières années de sa vie en reclus, sur cette île coupée du monde, et s'est suicidé en se jetant de haut des falaises. Il avait pour seul compagnon, un gardien inquiétant et taciturne avec lequel il communiquait fort peu. 
Franck l'amoureux d'Emilie vient la rejoindre avant l'arrivée des autres personnalités et souhaite parvenir à lui faire accepter de vivre  durablement avec lui jusqu'à l'infini....
 Mais avec les nouveaux hôtes de l'île, qui sont assemblés afin de faire revivre l'oeuvre de Donnell, rien ne se passe comme prévu. Une tension étrange est palpable, car le fantôme de l'écrivain est omniprésent et semble manipuler à sa guise chaque participant. Nous errons entre réel et imaginaire, où se trouve le vrai, le faux ?
Nous assistons inexorablement à la fin d'un amour tandis que le secret de l'île se dévoile.
Un roman noir palpitant, les pages se tournent à une vitesse folle.

samedi 21 septembre 2013

Sombre dimanche

Ce roman se dévore malgré son atmosphère lourde et la noirceur de chaque instant.
Le récit se déroule en Hongrie sous 3 générations d'une famille, les Mandy. Bien sur au début, nous éprouvons quelques difficultés avec les prénoms inconnus pour nous, mais avec beaucoup de talent, cette jeune auteure sait nous faire suivre la vie quotidienne de cette famille, qui vit à proximité de la gare de Budapest.
Le grand père colérique, qui ramasse chaque jours les débris jetés par les passagers du train, ceci malgré  une jambe détruite sous Staline, pour les entasser un peu plus loin, mais toujours visibles de la maison.
Le fils  veuf à la tristesse continue.
Le petit fils qui tente de comprendre pourquoi ses 2 soeurs le méprisent et l'appelle le "ruscoff".
Tous dans cette famille semblent maudits, malgré la découverte du système capitaliste, leur vie se poursuit dans la végétation et l'échec, la liberté est-elle vraiment possible ? Peut-on atteindre le bonheur après 40 ans de communisme ? Le poids de l'histoire est trop fort pour eux tous, et ils sont enlisés dans une fatalité où le rêve n'existe pas. La fuite ? Aucun n'y parviendra .
Très beau roman malgré la noirceur continue qui cependant est quelquefois  entrecoupé d'un lueur d'espoir qui se fane très vite.
Ce roman pourrait s'intituler "Sombres dimanches".
Nous entendrons encore parler d'Alice Zéniter qui est un grand écrivain.