L'auteur nous livre avec cet ouvrage, écrit à la 1ère personne, un récit fascinant de la vie de Pauline Dubuisson, qui fut belle, intelligente, hautaine, mais criminelle. Avec ses mots à lui, il transcrit par écrit ses mots à elle, ceci sous forme de cahiers.
Fille de bourgeois protestants, résidents à Dunkerque, le père porteur de lumière, est un héros de Verdun, 2 de ses 3 frères meurent à la guerre, la mère est très dépressive. Est-ce pour cette raison que dès l'âge de 13 ans 1/2, elle quitte l'enfance en multipliant les aventures sexuelles avec des marins ou des hommes de passages ? Pensait-elle ainsi se prouver qu'elle était en vie, en opposition à la mort ?
A la libération elle fut tondue et violée, son crime avoir eu des rapports sexuels avec un médecin allemand avec qui elle apprenait la médecine. Cet homme fut pourtant son pélican, puisque c'est à travers lui qu'elle puisa tout son savoir afin d'exercer par la suite, son métier. Elle n'avait alors, que 16 ans 1/2 ! Et son père l'avait indirectement guidé dans cette voix.
A 21 ans, étudiante en médecine, elle tue son amant qui souhaite rompre, ayant eu connaissance de son passé. En apprenant l'arrestation, son père vénéré se suicide. A l'issue de son procès, elle sera condamnée à perpétuité, mais libérée pour bonne conduite, après 9 ans d'emprisonnement.
Devenue médecin, elle fuit la France, ne supportant pas d'entendre les commentaires sur le film "La vérité" de GH Clouzot, qui ravivent ses anciennes et nombreuses blessures. Elle s'installe au Maroc pensant trouver là-bas, un peu de quiétude. Une rencontre la rapproche de Jean, ils tombent amoureux, il la demande en mariage. La voici rattrapée par son passé, il lui faut donc choisir, se taire, ou dire la vérité ?
Avec son talent et sa sincérité l'auteur vient par ce livre excellent (qui est proposé pour le prix Exbrayat), d'essayer de répondre à de multiples questions, permettant ainsi à Pauline Dubuisson, d'avoir une sépulture.
Dorimène vous renouvelle une précédente lecture de cet auteur "En vieillissant les hommes pleurent."