jeudi 20 mars 2014

Vengeance en Prada

Nous retrouvons Andy avec grand plaisir, après "Le diable s'habille en Prada" ! Elle a 30 ans, oublié Miranda et sa tyrannie  (enfin presque),
elle a fondé avec Emily son ancienne collègue et ennemie jurée, un magazine de mariage haut de gamme qui marche fort bien. La vie d'Andy est donc teintée de pastels :
- blanc puisqu'elle va épouser Max, un garçon d'une famille de notables, qui est jeune, beau et charmant et très amoureux d'elle, (Alex son ancien amoureux est aux oubliettes)
- gris clair, car la mère de Max ultra sophistiquée et snob,  ne l'apprécie guère,
- rose enfin, puisque bientôt Andy et Max seront les heureux parents d'une adorable petite Clémentine-Rose.
Au fil des pages, nous évoluons entre de ravissantes fifilles, qui ont des seins parfaits, des jambes fines et musclées, des fesses rondes sans cellulite, avec un ratio taille-hanches idéal ! Bref comme nous ! Elles ne portent que des cabas en paille de Diane Von Furstenberg,  ou des sacs Michael Kors et bien sur Louis Vuitton, des tuniques Milly, des escarpins Prada, ou Chloé,  des ballerines Chanel,  des parapluies Burberry à 200 dollars. Comme nous, si nous le voulions.
 Ces ravissantes créatures n'ont qu'une seule devise : être jeune et mince.
Encore une fois, comme nous !
Tout aurait pu continuer ainsi encore longtemps, si.... Mais Miranda veille, complote, car le magazine
d'Andy et Emily marchant fort attise sa convoitise, bientôt une proposition de rachat se profile à l'horizon.
Emily est subjuguée par la somme proposée, tandis qu'Andy freine des 2 pieds, ce magazine est son bébé. Mais elle est vite dépassée par sa vie de jeune maman. Prenant son rôle très au sérieux, elle fatigue par les nuits sans sommeil, les matins difficiles qui succèdent à celles-ci, l'angoisse des petites maladies, les changes nombreux après les rejets des biberons. Enfin toutes ces joies nombreuses d'avoir un bébé.
Angie parviendra-t-elle à surmonter toutes ces difficultés : le retour du diable Miranda, la cupidité d'Emily, les problèmes financiers de son mari, et le retour d'Alex .....?
Vous le saurez en lisant ce livre fort amusant, dont la critique sur le milieu de la mode est mordant.

lundi 3 mars 2014

Monsieur le Commandant

Si ce jour je viens vous proposer ce livre qui me fut recommandé par une fidèle amie des lectures de Dorimène, c'est parceque je fus passionnée ainsi que terrorisée par cette histoire vécue.
Ecrit sous forme de lettre, le narrateur Paul-Jean Husson, grand bourgeois, fort instruit, académicien, héros de la 1ère guerre mondiale où il a perdu un bras, pétainiste convaincu, patriotique acharné,  antisémite viscéral ( P32 = "ma famille, ma vie se trouvaient, à mon esprit défendant, "enjuivées". Une lèpre subtile rongeait maille par maille, le structure d'une honnête famille chrétienne.) il évoque les dérives de la France entre 1932/1942, et vient par ce long courrier, dénoncer à l'autorité allemande,  Isle sa belle fille juive,  alors qu'elle est enceinte de lui.
En effet, son fils Olivier, violoniste de son état a rencontré cette jeune fille tout-à-fait charmante qui est actrice, ils se sont mariés, ont eu 2 enfants, mais Olivier en total désaccord avec les idées de son père, est parti pour Londres, rejoindre de Gaulle. Aussi, Paul-Jean qui est veuf depuis, prend en charge sa belle-fille dont il est secrètement très amoureux,  et ses 2 petits enfants.
Dans ce climat social fort lourd, Isle devient de plus en plus angoissée, et lors d'une nuit passée au Mont St Michel, ils deviennent amants
Pourquoi cette ignominieuse dénonciation ?
- Pour cacher cet acte inavouable aux yeux de son fils lorsque celui-ci sera de retour ?
- Par crainte du jugement de son entourage intellectuel devant cet amour interdit ?
- Pour clore le chantage dont il est victime ?
- Pour la sauver de cette déferlante pendant cette période maudite ?
Je peine à le croire, malgré son évident amour pour elle.
Pouvait-il avec ses nombreuses relations, ses rencontres avec Pétain et de hauts dignitaires, ignorer le sort  réservé aux juifs dans les camps de concentration ?
Ce livre fort bien écrit, comporte certains passages de torture assez atroces, il nous amène donc à réfléchir sur le danger des idéaux poussés à outrance  et appliqués à la lettre.
Petit livre de 230 pages mais grande écriture.

lundi 17 février 2014

Pourquoi j'ai mangé mon père

Ciel gris, journée brumeuse, moral en berne, ce récit est  donc à lire !
Nous voici dans la préhistoire où nous partageons la vie d'une famille, leurs découvertes, leurs survies, leurs drames, leurs amours.
Edouard le père, grand inventeur visionnaire, qui va découvrir le feu, sans trop savoir comment l'éteindre,
Mathilde la mère, cuisinière ingénieuse, qui pratique avec art, et excelle dans la préparation de l'éléphant,
L'oncle Vania, frère d'Edouard, conservateur à outrance, dont la maxime est "Back to the trees", qui malgré ses exhortations contre le feu, rejoint souvent la famille lors de soirées froides ou pluvieuses, et ne refuse jamais une côte de phacochère,
Ernest le narrateur, grand admirateur de son père, mais qui toutefois tente de tempérer le progrès avec prudence, et trouve que "devenir carnivore est beaucoup plus pénible que de l'être de naissance"
Ensuite Alexandre, Tabie, Oswald, et William, frères d'Ernest, plus quelques soeurs et tantes diverses,
Des donzelles dont Griselda qui fait découvrir l'amour à Ernest. Un vaste programme....
Nous assistons à la découverte d'une nouvelle caverne, convoitée depuis longtemps, elle possède un beau portique ogival, protégé par un auvent rocheux à patine délicate, l'eau potable, utilisable pour la douche et le tout à l'égout, et les femmes en s'épouillant mutuellement dressent des plans pour l'aménagement d'étagères diverses....
Nous assistons également à une leçon de taille du silex, à l'invention de l'art figuratif, et aux rêves d'avoir des animaux domestiques (pas toujours facile à réaliser).
La préface est de VERCORS, (sans doute ce nom vous ramènera à vos années de lycée) et l'on peut imaginer la vie après les Tropis.
Ce livre est fort drôle, les comparaisons entre l'époque décrite fort bien documentée puisque l'auteur est un grand sociologue et la notre, procurent de grands éclats de rire et une détente assurée.

jeudi 30 janvier 2014

AHA MEN PTAH


Cette auteure a la plume magique ! Elle nous raconte dans son dernier roman, la vie d'un peuple dans des temps très anciens, dont a parlé Platon, peuple qui fut anéanti par un terrible cataclysme. Son nom nous est connu : l'Atlantide. Myrhe ou réalité, à vous de choisir.

Lona fait partie de ce peuple, belle, intelligente, perspicace, elle est mariée à un notable, a deux enfants, et évolue dans une vie facile. 
Nous suivons son quotidien et constatons qu'elle n'est pas entièrement heureuse. Nous écoutons ses interrogations car le sommeil la fuit " Aurons-nous la guerre , de quoi parlent les hommes, quel est le prix de la vie, notre mort est-elle programmée? " Qui détient les réponses ?
Or, dans cette société, les femmes sont là pour la parade ainsi que  pour la procréation.
Bien qu'aimant tendrement son mari, elle éprouve toutefois un attrait grandissant pour Kotan, mèdecin qui entend ses angoisses et tente de répondre à ses questions. ESt-ce la découverte de l'amour naissant ?
Le royaume est un véritable pays de cocagne, avec grande forêt, belles pierres pour la construction, bétail et gibier à foison, vergers et céréales divers. Le roi en est Ousir, marié à Iset. Cette partie nous ramène au mythe d'Osiris et Isis, couple légendaire dont nous connaissons la sombre histoire.
Bien que roman, les détails sur les festins, félonies, jalousies, révoltes sont fort détaillés et très plausibles. Nous imaginons facilement la vie de cette capitale jusqu'à sa tragique disparition.
Les descriptions des aurores sont sublimes, lorsque le ciel s'éclaircit et laisse filtrer la lumière avant l'apparition des couleurs !
"on ne gagne pas d'un seul coup la lumière, on l'atteint par le chemin de l'obscurité (Claudel)".
J'ai également beaucoup aimé les citations en entête de chapitres, elles nous préparent à ce qui va suivre.

Je vous recommande tout particulièrement ce livre, fort bien écrit, qui doit nous faire réfléchir  entre autre, sur la perte des valeurs humaines car inexorablement ceci entraine un cataclysme quel qu'il soit, et annonce la fin d'une civilisation. Il en fut toujours ainsi.

Si vous souhaitez que Dorimène ne tombe pas dans le  Prozac, n'oubliez pas de lui écrire !

dimanche 22 décembre 2013

Le soleil sous la soie

Bien que comportant 9oo pages, ce livre se lit avec rapidité tellement il est envoûtant. Nous sommes au XVIIIe siècle, et nous suivons avec délectation les pérégrinations de Nicolas Deruet, chirurgien ambulant. A cette époque, les médecins pensent posséder la science infuse et récusent la profession de chirurgien. 
Alors que traversant le Lorraine, il  rencontre une jeune fille Rosa, qui voyage avec son oncle afin de faire connaissance de son futur mari, choisi par son oncle ruiné. Mais un accident de carrosse interrompt le voyage, et Nicolas soigne les occupants blessés. Rosa est fort jolie, éprise de liberté, Nicolas est charmé, pourtant chacun poursuit son chemin. Faisant une halte avant d'atteindre Nancy, Nicolas rencontre lors d'un accouchement difficile, Marianne sage femme de son état, malheureusement la jeune accouchée mère célibataire décède. Le jeune chirurgien est fort impressionné par la dextérité et le savoir de cette "matrone". Le bébé prénommé Simon, sera remis aux religieuses à Nancy, car refusé par ses grands parents, le père étant un marquis. 
Après 3 ans d'absence dans cette ville, Nicolas retrouve Maître Delvaux, surnommé "le hérisson blanc", chez qui il fut apprenti. L'amitié des 2 hommes est indéfectible et Nicolas décide de faire une pause, ils travailleront donc ensemble.
Malheureusement suite au décès d'un notable important, Nicolas est contraint à l'exil, le voici donc pratiquant son art dans les steppes hongroises ou dans des hôpitaux militaires. Toujours aussi méticuleux, il peaufine ses connaissances tout en rêvant de Marianne dont il est amoureux. Il se lie avec Azan auquel il apprend son métier et contracte une amitié avec Léopold Duc de Lorraine. 
Après de multiples  aventures et rencontres, Nicolas revient à la vie civile. Marianne l'a oublié, elle est mariée et a quitté la ville. Il revoit Rosa veuve du marquis de Cornelli qui est toujours amoureuse de lui. son coeur vacille. Nicolas fera t-il le bon choix  après le retour de Marianne ?
Fort belle saga, bien documentée qui nous apprend beaucoup sur la médecine de l'époque, ses pratiques, ainsi  que sur la vie quotidienne, la guerre contre la Hongrie, et même sur la vie à Versailles. 

vendredi 22 novembre 2013

La grâce des brigands

 C'est avec plaisir que nous retrouvons cette auteure à la formidable écriture ! Son imagination ainsi que son onirisme se retrouvent à nouveau dans ce roman, avec ses personnages tout-à-fait atypiques. 
 Un seul coup de fil, et voici la vie de Maria Christina qui bascule. Cette écrivain reconnue se retrouve face à face avec ses vies antérieures, entre l'Acadie et la Californie nous suivons sa trace. 
Tout d'abord son enfance malheureuse entre sa mère bigote et folle, son père démissionnaire, sa soeur aînée handicapée dont elle se sent responsable. Elle est "la vilaine soeur", 
 Ensuite sa fuite vers la Californie, sa rencontre avec un écrivain latino-américain avec lequel elle découvre la littérature et le sexe, Judy Garland le chauffeur de celui-ci, toujours présent même lorsque l'on ne l'attend pas, 
 Puis la découverte de la maternité à travers son amie Joanne très glauque, qui a un enfant, et la rencontre avec  l'enfant de sa soeur dévergondée . 
 Son parcours peuplé de faussaires, lui permettra t-il d'échapper à son propre destin ? Nous sommes charmés par l'humour, mais nous traversons la grâce des perdants avec émotion. 
 Vite, vite vos commentaires !

jeudi 31 octobre 2013

Le grand Coeur

Toujours fort agréable de lire cet auteur aux multiples aventures, de la découverte avec du grand style.

Le récit commence sous le ciel bleu d'une île Grecque. Un homme se cache afin d'échapper à ses poursuivants. Pourtant, celui-ci fut l'homme le plus puissant et le plus riche de France, il s'agit de Jacques Coeur.
Avec enthousiasme, l'auteur laisse courir sa plume pour nous raconter la vie de ce grand financier. Fils d'un pelletier, il nait à Bourges le jour même où le roi Charles VI perd la raison. Son enfance se déroule dans une famille aimante, mais en pleine guerre de 100 ans. Il entend  journellement des récits d'atrocités qui en découlent, et pense que tous ces massacres sont une des conséquences de la folie du roi. Il est très ingénieux, observateur, et rêve de l'Orient.
Le voici adolescent, puis jeune homme amoureux de Macé, qu'il épouse, son beau père l'initie à l'activité de monnayeur, mais son associé lui apprend à tricher sur le poids de l'or, et c'est l'emprisonnement. Son rêve de l'Orient, revient.
Reprenant son activité, il rencontre le roi Charles VII au destin tragique,  son père fou, sa mère pactisant avec les ennemis, et lui-même avec une certaine infirmité. Pourtant les 2 hommes trouvent des accords et le désir d'Orient se réalise.
Nous assistons donc à de grands changements dans le pays :
- Fin de la guerre de 100 ans, 
- Fin de la chevalerie et de la féodalité,
- La papauté est réunifiée,
- Avec Bizance, fin de l'empire romain,
- Le pouvoir de l'argent permet la mise en place d'un commerce avec l'Orient, avec acheminement et circulation des marchandises,
- Génie des créateurs et des artistes.

Jacques Coeur devient très riche, achète de nombreux chateaux, rencontre Agnès Sorel, favorite du roi, et devient amoureux d'elle.

Pourtant, il connaitra une chute vertigineuse, causée par la médisance et la jalousie de son roi. Nous pouvons établir un parallèle avec Fouquet.

Bien que rebondisant, refaisant fortune, son destin le poursuivra tragiquement, et il ne reverra jamais la France qu'il a tant aimée.

Très bon livre, avec des détails interessants sur une période assez méconnue.