lundi 12 mai 2014

Les poissons ne ferment pas les yeux

Peut-être connaissez-vous déjà cet écrivain par de précédents ouvrages, je vous conseille vivement celui-ci, la poésie étant présente à chaque page.
L'auteur laisse vagabonder sa pensée, en manipulant les mots qui se liant entre eux forment de fort belles phrases où la nostalgie se mêle parfois avec une pointe d'ironie.
C'est alors un enfant de 10 ans. Comme chaque été, il est en vacances en Italie sur l'île d'Ischia, avec sa mère et sa soeur. Le père étant parti aux USA afin de trouver du travail.
Le décor de l'île est paradisiaque : ciel bleu, mer d'huile, petites rues fleuries, pêcheurs volubiles qui chantent, car l'italien ne se parle pas, il se chante !
(J'ai séjourné dans cette île il y a quelques années, et les descriptions me font revenir en mémoire de magnifiques flashs lumineux.)
IL est un enfant timide, sensible même taciturne, qui préfère la solitude aux jeux turbulents d'autres garçons. Il aime particulièrement la lecture, les mots croisés, et la pêche à la ligne. Pourtant, un changement s'amorce, son âge comporte à présent 2 chiffres, son corps est en mutation, il en sera de même bientôt pour ses pensées. En effet, sur la plage il rencontre la fillette. Elle également, aime les livres, et se passionne pour les animaux. C'est elle qui vient vers lui, et ils partagent leurs lectures, leur goût des mots, et des glaces.
Il ressent son premier émoi, et apprend avec elle à conjuguer le verbe aimer, prenant ainsi conscience de son corps et de celui de l'autre,  en l'embrassant sans fermer les yeux. Il fait aussi connaissance avec la violence, puisqu'un autre garçon jaloux, le roue de coups, le laissant le visage en sang.  Il ne se défend pas, afin de permettre à son corps  de quitter définitivement son enveloppe d'enfant. 
Ce 1er amour marque la fin de son enfance, et le début de sa nouvelle vie.
Livre à déguster. 

dimanche 27 avril 2014

Sous le toit du monde

Dans un commentaire précédent, je vous avais parlé de cette auteure , dont j'apprécie les livres. Voir "La dernière bagnarde".
Aujourd'hui, je viens vous proposer une nouvelle histoire, qui est inspirée de faits réels, sur la condition des femmes en Indes. Sujet d'actualité dont les médias parlent beaucoup, suite aux différents viols et assassinats commis, qui restent impunis. En effet, les femmes sont dans une soumission totale vis-à-vis des hommes, dans tous les domaines, elles ne possèdent rien, n'héritent pas, puisque les lois sont établies par les hommes et imposées par ceux-ci, sans aucune concession.
Ashmi est une jeune fille intelligente, prise en charge par une organisation humanitaire, elle quitte son village, sa famille dont Tej son frère bien-aimé, avec lequel elle partagea tant de complicité.  Car la vie
aux pieds  de l'Himalaya est particulièrement rude, travaux des champs archaïques, soins aux animaux, froids intensifs et grande humidité. La voici pensionnaire à Katmandou, où elle étudie et découvre le confort avec l'eau et l'électricité. Elle apprend avec passion, entourée de nouvelles amies. Toutefois, ce rêve se brise, lorsqu'elle apprend les décès de son père et de son frère. Ils ont été tués par qui ? Des rebelles, l'armée ? Ou simplement des voisins qui convoitaient leurs terres près du fleuve ? Petit à petit sa mère, seule, abandonnée par sa belle--fille, spoliée par les frères de celle-ci, tombe dans la folie, et se suicide.
Ashmi entre en révolte devant de si cruels événements, et décide d'abandonner ses études pour faire du journalisme, afin de venir en aide aux femmes et faire appliquer leurs droits.
Karan, exilé en Europe depuis ses 5 ans, n'a jamais revu  le Népal, son pays de naissance. Il fut adopté par un couple de Français sans enfant. Alors qu'il est étudiant en architecture, il apprend le massacre de la famille royale du Népal. Il est bouleversé et décide de changer de cap, en devenant journaliste. Au cours de ses études, il se passionne pour son pays d'origine, lit beaucoup à son sujet, apprend à le connaître, puis décide de s'y installer.
Les chemin d'Ashmi et Karan se croisent, car le jeune homme décide d'embaucher une jeune femme journaliste, qui représentera  ainsi, le Népal moderne. Pure folie, Ashmi n'est pas la bienvenue au milieu des collaborateurs du journal, qui refusent cette intruse. Pourtant, elle apprend très vite et progresse sur le terrain. Bientôt,  on lui cite une avocate, qui défend les droits des femmes et les aide pour l'héritage des terres. Elle se débat pour la rencontrer, remuant ciel et terre.  Sa détermination est de reprendre possession des terres de ses parents, en hommage à sa mère.  Mais son agitation après moult   interrogations lors d'enquêtes, ne plaisent guère, la furie meurtrière des ombres  rôde autour d'elle. Prenant conscience du danger qui la menace, Karan l'éloigne de Katmandou, en l'envoyant rejoindre un groupe de touriste qui part effectuer un trek dans les hautes montagnes. Là le destin d'Ashmi bascule, elle est sauvagement assassinée.
Pourtant aujourd'hui les choses évoluent, doucement, trop doucement dans ce pays.
 Aussi,  nous rejoignons toutes les femmes qui oeuvrent pour modifier cette société, et faire reconnaître leurs droits dans une vie d'égalité. Le toit du monde ne possède-t-il pas des neiges sacrées ?

Egalement  de cette auteure :
- La belle chocolatière,
- La villa Belza,
- L'impératrice des roses
- La passagère du France

lundi 7 avril 2014

Les perroquets de la place d'Arezzo

Tout d'abord, un grand merci à cet auteur, qui nous a écrit cette fois-ci, 730 pages, le rapport quantité/prix est donc appliqué pour ce livre.
Dans le quartier élégant d' Ixelles en Belgique, la place d'Arezzo jouit d'une faveur exceptionnelle. Au centre du square, entouré de cossus immeubles ainsi que de maisons en pierres et briques, perruches multicolores et perroquets bavards, cohabitent joyeusement. Comment de tels animaux exotiques sont-ils arrivés ici, et comment parviennent-ils à vivre normalement dans ce pays au climat plutôt maussade ?
Continuons notre lecture, et faisons connaissance avec les différents habitants de ce quartier :
- Zachary Bidermann, avec sa 3ème épouse Rose (très souvent en tailleur Chanel). Homme politique très influent et surtout un obsédé du sexe (ne ressemble-t-il pas à un autre personnage dont le presse nous a beaucoup parlé ?)
- Diane et Jean-Noël, parfaits libertins,
- Faustina et son amant Dany avocat, eux aussi très portés sur le sexe,
- Baptiste, écrivain, et son épouse Joséphine, bientôt rejoints par Isabelle, formant ainsi un couple à 3,
- Eve fort satisfaite de sa plastique, maîtresse de son voisin Philippe (entre autre) marié à Odile,
- Patricia, femme douce mais négligée avec de nombreux kilos en trop, mère d'une adolescente , tyrannique, Albane, amoureuse de Quentin,
- Hippolyte le jardinier, beau, à la musculature puissante, admiré de tous, père d'une fillette intelligente Isis, et Germain le second jardinier qui lui est nain,
- François Maxime de Couvigny marié à Sèverine, famille très catholique, avec de beaux enfants, vie apparemment exemplaire, sauf que François-Maxime, va quelquefois retrouver certains garçons dans les sous-bois, et que Sèverine rejoint Xavière la fleuriste elle-même mariée à Orion
 - Win le galeriste complexé et Meg son asistante dévouée,
- Ludovic et sa mère castratrice,
- Victor séropositif par sa mère et Oxana, mannequin aux longues jambes mais à la cervelle étroite,
- Tom et Nathan, homosexuels,
- Marcelle concierge de son état, dont le point G fonctionne allègrement, 
- Melle Beauvert, la seule n'ayant pas de problèmes sexuels, vit avec son perroquet Sergio, mais qui cependant a un vice caché,
- Pétra, silhouette sculpturale, actrice qui dénude son corps devant les foules déchainées... Ces différents personnages, se croisent, se saluent, s'observent, se lient, s'aiment ou se détestent....Une vie de quartier presque normale.
Pourtant un jour, chacun d'entre eux reçoit une missive portant l'inscription "Ce mot simplement pour te dire que je t'aime. Signé qui tu sais " Ce message ne provient pas d'un corbeau puisqu'il s'agit d'un mot d'amour, quel en est donc l'auteur ?
Ma description vous paraîtra peut-être compliquée, mais il n'en est rien, lisez ce livre car il est savoureux, et évidemment si vous voulez connaître la fin.

jeudi 20 mars 2014

Vengeance en Prada

Nous retrouvons Andy avec grand plaisir, après "Le diable s'habille en Prada" ! Elle a 30 ans, oublié Miranda et sa tyrannie  (enfin presque),
elle a fondé avec Emily son ancienne collègue et ennemie jurée, un magazine de mariage haut de gamme qui marche fort bien. La vie d'Andy est donc teintée de pastels :
- blanc puisqu'elle va épouser Max, un garçon d'une famille de notables, qui est jeune, beau et charmant et très amoureux d'elle, (Alex son ancien amoureux est aux oubliettes)
- gris clair, car la mère de Max ultra sophistiquée et snob,  ne l'apprécie guère,
- rose enfin, puisque bientôt Andy et Max seront les heureux parents d'une adorable petite Clémentine-Rose.
Au fil des pages, nous évoluons entre de ravissantes fifilles, qui ont des seins parfaits, des jambes fines et musclées, des fesses rondes sans cellulite, avec un ratio taille-hanches idéal ! Bref comme nous ! Elles ne portent que des cabas en paille de Diane Von Furstenberg,  ou des sacs Michael Kors et bien sur Louis Vuitton, des tuniques Milly, des escarpins Prada, ou Chloé,  des ballerines Chanel,  des parapluies Burberry à 200 dollars. Comme nous, si nous le voulions.
 Ces ravissantes créatures n'ont qu'une seule devise : être jeune et mince.
Encore une fois, comme nous !
Tout aurait pu continuer ainsi encore longtemps, si.... Mais Miranda veille, complote, car le magazine
d'Andy et Emily marchant fort attise sa convoitise, bientôt une proposition de rachat se profile à l'horizon.
Emily est subjuguée par la somme proposée, tandis qu'Andy freine des 2 pieds, ce magazine est son bébé. Mais elle est vite dépassée par sa vie de jeune maman. Prenant son rôle très au sérieux, elle fatigue par les nuits sans sommeil, les matins difficiles qui succèdent à celles-ci, l'angoisse des petites maladies, les changes nombreux après les rejets des biberons. Enfin toutes ces joies nombreuses d'avoir un bébé.
Angie parviendra-t-elle à surmonter toutes ces difficultés : le retour du diable Miranda, la cupidité d'Emily, les problèmes financiers de son mari, et le retour d'Alex .....?
Vous le saurez en lisant ce livre fort amusant, dont la critique sur le milieu de la mode est mordant.

lundi 3 mars 2014

Monsieur le Commandant

Si ce jour je viens vous proposer ce livre qui me fut recommandé par une fidèle amie des lectures de Dorimène, c'est parceque je fus passionnée ainsi que terrorisée par cette histoire vécue.
Ecrit sous forme de lettre, le narrateur Paul-Jean Husson, grand bourgeois, fort instruit, académicien, héros de la 1ère guerre mondiale où il a perdu un bras, pétainiste convaincu, patriotique acharné,  antisémite viscéral ( P32 = "ma famille, ma vie se trouvaient, à mon esprit défendant, "enjuivées". Une lèpre subtile rongeait maille par maille, le structure d'une honnête famille chrétienne.) il évoque les dérives de la France entre 1932/1942, et vient par ce long courrier, dénoncer à l'autorité allemande,  Isle sa belle fille juive,  alors qu'elle est enceinte de lui.
En effet, son fils Olivier, violoniste de son état a rencontré cette jeune fille tout-à-fait charmante qui est actrice, ils se sont mariés, ont eu 2 enfants, mais Olivier en total désaccord avec les idées de son père, est parti pour Londres, rejoindre de Gaulle. Aussi, Paul-Jean qui est veuf depuis, prend en charge sa belle-fille dont il est secrètement très amoureux,  et ses 2 petits enfants.
Dans ce climat social fort lourd, Isle devient de plus en plus angoissée, et lors d'une nuit passée au Mont St Michel, ils deviennent amants
Pourquoi cette ignominieuse dénonciation ?
- Pour cacher cet acte inavouable aux yeux de son fils lorsque celui-ci sera de retour ?
- Par crainte du jugement de son entourage intellectuel devant cet amour interdit ?
- Pour clore le chantage dont il est victime ?
- Pour la sauver de cette déferlante pendant cette période maudite ?
Je peine à le croire, malgré son évident amour pour elle.
Pouvait-il avec ses nombreuses relations, ses rencontres avec Pétain et de hauts dignitaires, ignorer le sort  réservé aux juifs dans les camps de concentration ?
Ce livre fort bien écrit, comporte certains passages de torture assez atroces, il nous amène donc à réfléchir sur le danger des idéaux poussés à outrance  et appliqués à la lettre.
Petit livre de 230 pages mais grande écriture.

lundi 17 février 2014

Pourquoi j'ai mangé mon père

Ciel gris, journée brumeuse, moral en berne, ce récit est  donc à lire !
Nous voici dans la préhistoire où nous partageons la vie d'une famille, leurs découvertes, leurs survies, leurs drames, leurs amours.
Edouard le père, grand inventeur visionnaire, qui va découvrir le feu, sans trop savoir comment l'éteindre,
Mathilde la mère, cuisinière ingénieuse, qui pratique avec art, et excelle dans la préparation de l'éléphant,
L'oncle Vania, frère d'Edouard, conservateur à outrance, dont la maxime est "Back to the trees", qui malgré ses exhortations contre le feu, rejoint souvent la famille lors de soirées froides ou pluvieuses, et ne refuse jamais une côte de phacochère,
Ernest le narrateur, grand admirateur de son père, mais qui toutefois tente de tempérer le progrès avec prudence, et trouve que "devenir carnivore est beaucoup plus pénible que de l'être de naissance"
Ensuite Alexandre, Tabie, Oswald, et William, frères d'Ernest, plus quelques soeurs et tantes diverses,
Des donzelles dont Griselda qui fait découvrir l'amour à Ernest. Un vaste programme....
Nous assistons à la découverte d'une nouvelle caverne, convoitée depuis longtemps, elle possède un beau portique ogival, protégé par un auvent rocheux à patine délicate, l'eau potable, utilisable pour la douche et le tout à l'égout, et les femmes en s'épouillant mutuellement dressent des plans pour l'aménagement d'étagères diverses....
Nous assistons également à une leçon de taille du silex, à l'invention de l'art figuratif, et aux rêves d'avoir des animaux domestiques (pas toujours facile à réaliser).
La préface est de VERCORS, (sans doute ce nom vous ramènera à vos années de lycée) et l'on peut imaginer la vie après les Tropis.
Ce livre est fort drôle, les comparaisons entre l'époque décrite fort bien documentée puisque l'auteur est un grand sociologue et la notre, procurent de grands éclats de rire et une détente assurée.

jeudi 30 janvier 2014

AHA MEN PTAH


Cette auteure a la plume magique ! Elle nous raconte dans son dernier roman, la vie d'un peuple dans des temps très anciens, dont a parlé Platon, peuple qui fut anéanti par un terrible cataclysme. Son nom nous est connu : l'Atlantide. Myrhe ou réalité, à vous de choisir.

Lona fait partie de ce peuple, belle, intelligente, perspicace, elle est mariée à un notable, a deux enfants, et évolue dans une vie facile. 
Nous suivons son quotidien et constatons qu'elle n'est pas entièrement heureuse. Nous écoutons ses interrogations car le sommeil la fuit " Aurons-nous la guerre , de quoi parlent les hommes, quel est le prix de la vie, notre mort est-elle programmée? " Qui détient les réponses ?
Or, dans cette société, les femmes sont là pour la parade ainsi que  pour la procréation.
Bien qu'aimant tendrement son mari, elle éprouve toutefois un attrait grandissant pour Kotan, mèdecin qui entend ses angoisses et tente de répondre à ses questions. ESt-ce la découverte de l'amour naissant ?
Le royaume est un véritable pays de cocagne, avec grande forêt, belles pierres pour la construction, bétail et gibier à foison, vergers et céréales divers. Le roi en est Ousir, marié à Iset. Cette partie nous ramène au mythe d'Osiris et Isis, couple légendaire dont nous connaissons la sombre histoire.
Bien que roman, les détails sur les festins, félonies, jalousies, révoltes sont fort détaillés et très plausibles. Nous imaginons facilement la vie de cette capitale jusqu'à sa tragique disparition.
Les descriptions des aurores sont sublimes, lorsque le ciel s'éclaircit et laisse filtrer la lumière avant l'apparition des couleurs !
"on ne gagne pas d'un seul coup la lumière, on l'atteint par le chemin de l'obscurité (Claudel)".
J'ai également beaucoup aimé les citations en entête de chapitres, elles nous préparent à ce qui va suivre.

Je vous recommande tout particulièrement ce livre, fort bien écrit, qui doit nous faire réfléchir  entre autre, sur la perte des valeurs humaines car inexorablement ceci entraine un cataclysme quel qu'il soit, et annonce la fin d'une civilisation. Il en fut toujours ainsi.

Si vous souhaitez que Dorimène ne tombe pas dans le  Prozac, n'oubliez pas de lui écrire !