jeudi 5 février 2015

Olive Kitteridge

Olive, professeur de mathématique, impitoyable et tyrannique, vit à Crosby, petite bourgade située au bord de la mer dans le Maine. Elle est mariée avec Henry, homme doux, sensible, serviable, silencieux, pharmacien de son état, toujours dévoué à sa clientèle. Pourtant il lui arrive parfois, de percevoir sa vie comme un fardeau avec une touche d'absurdité. Ils ont un fils, Chrisopher, étouffé par la forte personnalité de sa mère et par son autorité, il  se sent mal aimé.
A chaque chapitre, soit sur 13 épisodes, le vie d'Olive se trouve mêlée à celle des différents habitants de la petite ville, ceci sur 30 ans. Au fil de la lecture, nous nous attachons malgré tout à Olive, personnage atypique,  que nous découvrons certes très énergique, voire impérieuse, mais cependant capable d'infinis bontés qui nous surprennent.
La construction de ce récit, ainsi que la délicatesse qui s'en dégage, la psychologie ambiante tout le long du livre, sont maniées de main de maître avec brio par une virtuose de la plume, conteuse hors pair (héritage de sa mère).
Très bon livre, qui a obtenu le prix Pulitzer en 2009. Dorimène a adoré et vous recommande très vivement cette lecture.

dimanche 25 janvier 2015

L'île des oubliés



Aujourd'hui, je viens vous parler d'un livre que beaucoup d'entre vous connaissent, puisque ce fut un succès de plus de 2 millions d'exemplaires vendus. Ainsi Dorimène est persuadée de crouler sous vos avis. Ne soyez pas inquiets pour elle, elle assumera ! 
Alexis jeune anglaise archéologue, vit avec ED, jeune homme brillant, mais opposé à son idéal de vie.
Bien que formant "un beau couple", Alexis s'interroge sur son devenir avec un tel compagnon. Leur séjour sur une île grecque, va lui permettre de constater les limites de leur liaison. Terminant leur vacances par la Crète, Alexis se rend dans la village d'enfance de sa mère. Face à ce village, se trouve une île :  SPINALONGA dominée par une énorme forteresse vénitienne, elle fut une colonie de lépreux de 1903 à 1957. En effet à cette époque la lèpre véritable malédiction,  n'était pas, ou peu guérie, la faculté ne connaissant pas les moyens de l'endiguer, les malades étaient exclus de la vie courante pour éviter les contagions, aucune tolérance n'était alors possible. Rencontrant une ancienne amie de sa mère, la jeune femme apprend avec stupéfaction que son arrière grand-mère  avait séjourné et péri sur cette île. Ne connaissant rien du passé de sa mère qui a coupé brutalement les ponts avec celui-ci, Alexis remonte dans le temps afin de comprendre pourquoi et à quel titre sa mère a ainsi obturé son passé. Petit à petit elle apprendra la vérité sur la destinée tragique de ses aïeux et sur leur terrible secret.
Ces révélations vont la bouleverser puis l'amener à changer le cours de sa vie future, en  découvrant avec émotion l'immense amour qui unissait ses ancêtres.  


J'ai fait suivre du même auteure : "La dernière danse", l'action se passe en 1930, sous la période de Franco, à Grenade, nous assistons au calvaire d'une famille composée de  3 fils et 1 fille danseuse de flamenco, qui sera décimée inexorablement . Très émouvante mais fort belle histoire. Certains passages de l'horreur ressemblent à ceux décrits par Carlos Ruiz Zaffon dont je vous ai parlé plusieurs fois.

Bonne lecture à tous.

lundi 12 janvier 2015

Moutnedjemet l'oubliée

En ce début d'année, je suis heureuse de venir vers vous avec des voeux remplis d'espoir. Je vous souhaite une année sereine, sous un ciel bleu avec de nombreuses joies, de multiples bonheurs, des échanges et des partages sans fins quelque soient vos idées, sans haine dévastatrice, une santé de fer afin de réaliser vos désirs les plus chers. Et bien évidemment, des piles de livres autour de vous, afin que nous bavardions beaucoup plus souvent,  après leurs lectures.



Je me réjouis de commencer cette nouvelle année avec un livre de Nicole Voilhes. En effet, je vous renouvelle combien j'apprécie cette auteure, et amie,  qui nous décrit avec les mots justes et précis, la vie de femmes diverses dans les siècles passés.
Dans ce roman, nous sommes en Egypte sous la 18e dynastie du nouvel empire. Akhénaton et Nefertiti
y règnent. L'histoire nous est contée par Moutnedjemet, jeune princesse, fille du pharaon et d'une concubine, une princesse Hittite, qui fut assassinée lors de son accouchement. 
Pendant la saison  d'Akhet, période de la crue du Nil, la jeune princesse qui vit au palais avec sa 1/2 soeurAnkhésenpaaton, nous raconte sa vie journalière, ses rêves, ses espoirs, tentant de calmer les ambitions et le souhait de liberté de cette dernière. La jeune fille évolue, devient femme, et selon la coutume d'alors, s'accouple avec son père. Un fils naîtra, lui également assassiné. 
Puis vint le temps de Peret, saison des semailles, notre jeune princesse très éprouvée par le décès de son fils, part se reconstruire, dans un autre palais,  sous la garde du général Horemheb qui est amoureux d'elle. Elle tombe amoureuse de ce bel homme, intelligent, viril, respecté, qui lui donne sa force, et la préserve de ses ennemis. Ils se marient. Avec lui, elle découvre l'amour.
La saison de Chemou, temps des récoltes, voit le bonheur du couple se concrétiser avec la naissance d'une fille. Moutnedjemet se remet difficilement de son accouchement. Pourtant un projet germe dans son esprit, qui bientôt prend forme. Devant les décès  royaux successifs, la lutte incessante pour le pouvoir,  (en est-il autrement aujourd'hui ?) car les meurtres sont coutumiers en cette période de l'histoire, elle souhaite faire couronner son mari. Ceci étant possible puisqu'elle est fille de pharaon.
Déterminée, elle y parviendra et deviendra grande épouse royale.  Mais sera-t-elle plus heureuse pour autant ? Qui se souviedra d'elle ?
La fille de Moutnedjemet et d'Horemhed fut la grand-mère de Ramsès II.

Je me suis reportée il y a des années en arrière, lors d'un voyage en Egypte, ce pays où dès l'enfance je rêvais d'aller, je suis encore sous le charme des paysages, des couleurs, de la vie agricole des  bords du Nil qui n'avait pas beaucoup changée depuis les pharaons. Enfin à cette époque...Je regrette vivement de ne pouvoir envisager un nouveau voyage dans ce magnifique pays.
Dorimène se trouve bien mélancolique, à vous de lui redonner du tonus !

lundi 22 décembre 2014

L'envol du héron

J'ai découvert cette auteur avec "Le goût des pépins de pommes", livre que j'ai particulièrement aimé.
En effet, lors de cette lecture il me semblait alors, ressentir les odeurs sucrées de mon enfance.
Celui-ci est un bon livre également, toutefois j'ai mis longtemps à entrer dans le sujet, car le rythme est fort lent et le fait que le texte soit écrit par 2 personnages différents complique encore la lecture.
Par contre, les descriptions de l'étang, des héronnières, de la forêt sont sublimes ! De vrais poèmes. Nous revenons avec ces détails au temps des "compositions françaises." Oui je sais, je suis démodée.....Je regrette cependant les trop nombreuses descriptions sur les araignées. La vue de ces bêtes me fait frôler la crise cardiaque !
L'histoire se déroule dans un petit village d'Allemagne, où vit Hellen, mère célibataire, insomniaque bien que médecin du sommeil. Elle nous parle de son histoire, son enfance, les hommes de sa vie, la mort de sa mère, partie particulièrement émouvante, de sa fille Orla dont elle souhaite faire une femme forte. Ellen chante dans la chorale dirigée par son père, où elle rencontre Andréas le silencieux, l'ami de toujours et Marthe qui observe son entourage et nous raconte elle aussi son tourment, elle veut percer à jour la disparition de son fils. Or Lutz était le fils de Marthe et l'amant d'Ellen. En parallèle les 2 femmes parlent de la nostalgie pour l'une et de regrets pour l'autre. Mais que sont exactement ces secrets de famille, qui détient la vérité, la clef de l'énigme ?
Pour connaître la fin, Dorimène vous conseille de lire le livre.....

mercredi 10 décembre 2014

La Duchesse de Bourgogne

Vous souvenez-vous qui était la mère de Louis XV ?
Comme moi, je suppose, reconnaissez que vous êtes hésitants. Et encore, je suis aimable avec vous, car je pense que vous l'ignorez complètement !
Pour ma part, j'avais en mémoire un prénom Marie-Adélaïde, et un souvenir d'une femme particulièrement bigote, avec même un tempérament renfrogné. 
Et bien, nous avons une chance énorme, car à la fête du livre de notre bonne ville, j'eus la chance de rencontrer ce jeune écrivain que je ne connaissais point, qui est un homme fort courtois, et nous avons bavardé quelque peu. Or, il a écrit un livre qui répond à ma question première. Merci cher auteur mes lacunes sont comblées, et je vous invite à en faire autant pour combler les vôtres.
Marie-Adélaïde était issue de la famille de Savoie. Son  père était Victor Amédée II duc de Savoie et sa mère Anne-Marie d'Orléans. Elle fut mariée à 12 ans au Duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV.
Cette encore enfant possédait la joie en elle, curieuse, vive, intelligente, et adorant rire et surtout danser à la folie. Louis XIV alors vieillissant et sous la coupe de l'austère Madame de Maintenon, fut ébloui par sa grâce  et sa gaieté. L'affection mutuelle témoignée fut grande. A Versailles où se succédaient de nombreuses fêtes, Marie-Adélaïde était fort appréciée et bientôt elle devint une charmante jeune femme aimant particulièrement les frivolités et s'habituant au luxe sans efforts. Le Duc de Bourgogne en fut très amoureux. Mais il passa beaucoup de temps à faire la guerre, car à cette époque il y eut d'incessants conflits qui débouchèrent sur des guerres, notamment la succession d'Espagne. La  France était alors ruinée, la peuple eut terriblement faim car il subit un certain hiver redoutable, les fêtes furent interrompues à Versailles au grand désespoir de la petite Duchesse qui préférait ignorer la situation. Car en fait elle était très occupée trompant son mari avec plusieurs homme de son entourage ! Pas si sage que l'on pense la petite Duchesse...En plus, elle transmit à son père, ennemi de la France, des informations confidentielles sur la politique et les positions de celle-ci.
Sa vie fut donc mouvementée, mais après plusieurs grossesses, la perte de plusieurs enfants, nous lui devons malgré tout d'avoir donné un héritier mâle à la France : Louis XV.
Dorimène vous recommande cette lecture, vous en apprendrez bien davantage sur cette époque pas toujours des lumières.

vendredi 28 novembre 2014

Au crépuscule de Néanterdal

Nous retrouvons avec grand plaisir cet auteur que j'apprécie beaucoup, et dont je vous ai parlé à plusieurs reprises. Voir  "Noir Négoce et Electropolis".
Avec ce roman, nous faisons un énorme bond en arrière, puisque ce récit se déroule il y a environ 
40 000 ans, lorsque l'homme moderne provenant du Moyen Orient arrive en Europe qui est déjà occupée par l'homme de Néandertal.
Dhour appartient à la catégorie de "l'homme moderne", dit "face plate" il est grand, très puissant, impulsif, orgueilleux. Il vit dans une communauté de la plaine, qui est gouvernée par son chef Narh et le chamane.
Mais il est temps pour lui, chasseur redoutable, de quitter sa tribu afin d'accomplir le rite ancestral de la chasse au lion, afin de prouver qu'il est un homme. Il choisit donc de partir dans la montagne, stupéfaction, car celle-ci est maudite, elle est habitée par "les hommes sans front".
En effet, l'homme de Néandertal est très différent  de l'homme moderne, son physique petit, trapu,  à la  musculature imposante, s'est adapté au climat rigoureux de la montagne dans laquelle il vit. Mais surtout
son crâne est impressionnant, très gros il semble posé directement sur son buste massif, et d'énormes arcades sourcilières forment une barrière au-dessus de ses petits yeux, tandis que le front et le menton semblent absents de cette face. Mais il est surtout très intelligent et réfléchi.
Au cours de son parcours vers les cimes, la route de Dhour  croise celle de Mirha, jolie jeune fille bannie de sa tribu, il va ainsi trouver l'amour. Après maintes pérégrinations parfois fort périlleuses, ils font la connaissance de Roag, "homme sans front" qui leur sauve la vie lors de l'attaque d'un ours.
Ils vont donc reprendre leur chemin tous les 3, apprenant difficilement à se connaître, mais petit à petit les embûches du voyage les rapprochent , ils échangent leurs idées, leur façon de penser, d'agir, jusqu'à la rencontre finale avec le lion.
Très belle histoire d'amitié entre des êtres dissemblables, où nous voyons leur vie se dérouler sous nos yeux, car  les descriptions des paysages tant des plaines que de la montagne, sont magnifiques.
Lecture à partager sans modération.

lundi 10 novembre 2014

Les anges meurent de nos blessures

Cet écrivain est incontestablement un merveilleux conteur. En effet, malgré la noirceur de ce récit, les phrases restent sublimes et veulent atténuer cette misère pourtant très émouvante, décrite dans certaines pages.
Turambo, se fait appeler ainsi car c'est le nom de son village natal, où il vit misérablement avec sa famille. Nous sommes en Algérie dans les années 1920. Cet enfant naïf, même candide, au coeur immense, doit se battre parfois, afin de survivre. Or, il a pour lui un terrible direct du gauche. Remarqué pour cela, après de nombreuses années de travail et de sacrifices, il devient un grand nom de la boxe. Il recherche avec désespoir l'amour, et il rencontre la gloire. Bien sur, il connait la réussite, qui lui apporte 
l'argent, une vie meilleure, mais pour le grand candide qu'il est resté, sa quête de l'amour continue. Il connaîtra 3 grands amours qui traverseront sa vie, mais aucun n'aboutira selon ses voeux, et cela le conduira inexorablement  à sa perte.
Mais la gloire et la cupidité d'autrui peuvent-elles se mesurer à l'amour ?
Bien que très triste cette histoire est  fort belle, elle nous décrit avec précision la vie rude de ce milieu de la boxe, et l'écriture comme à son habitude chez cet auteur est absolument magnifique.